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Pas ce soir (Charline Quarré)


Publication originale : 2012
Publication dans cette édition : 2012
Edition : Baudelaire
Nombre de pages : 129
Prix : 14 euros
Quatrième de couverture :
" C'est une soirée mondaine parisienne.
Un petit monde où mensonges, manipulations et ragots provoquent parfois des dérapages incontrôlés.
Où les faiblesses des uns font la gloire des autres.
C'est une soirée qui réveille les souvenirs endormis d'Eugénie, jeune femme odieuse et misanthrope.
C'est l'histoire de ce que l'on découvre derrière le plus efficace des cache-misère, l'arrogance."


Ce roman faisait partie de ma sélection pour l'opération Coup de Cœur 2013, j'étais donc plus qu'impatiente de le découvrir.

D'emblée, j'ai été séduite par l'écriture, à la fois incisive et sensible, tout comme le personnage principal de l'histoire, Eugénie. Elle est une jeune femme désabusée et cynique, qui se cache derrière cette façade désagréable pour tous afin de masquer son mal-être : difficultés à trouver sa place dans la société, à communiquer avec les autres du fait de se trouver quelconque, deuils qu'elle n'arrive pas à faire... Alors forcément, elle n'y va pas de main morte pour raconter la soirée qui se déroule sous nos yeux, - à laquelle elle n'avait d'ailleurs pas envie de participer -, mais aussi pour faire preuve d'auto-dérision - elle est en effet elle aussi une fille à papa qui profite de sa situation, comme tous les invités -. Puis au fil de la nuit, sa carapace se fissure, et la jeune femme redevient presque une enfant, cachée dans un placard à attendre la fin de la soirée, ne pouvant plus supporter ses propres mensonges. C'est partir de ce moment que j'ai été vraiment touchée par sa fragilité, de plus en plus palpable, jusqu'à arriver aux dernières pages... qui ont un peu gâché mon plaisir. Une rencontre, et un renversement de la situation d'Eugénie qui arrive vite, trop vite, pour que j'y croie vraiment...
 
Pas ce soir est un roman que j'ai vraiment apprécié lire. Il aurait pu être un coup de cœur - tant pour les qualités d'écriture de Charline Quarré que pour le personnage d'Eugénie auquel j'ai fini par m'attacher - si la fin n'avait pas été si précipitée, donnant un peu moins de crédibilité au reste. Il m'a en tout cas donné envie de découvrir A contre-jour, le premier roman de son auteur.
 


Attraction céleste (Virginie Goevelinger)


Publication originale : 2012
Publication dans cette édition : 2012
Edition : Kirographaires
Nombre de pages : 324
Prix : 22 euros
Quatrième de couverture : "Abigaëlle O’Donnel porte sur ses épaules un lourd secret. Elle peut voir le passé, le présent et le futur des personnes qui l’entourent, mais elle peut également capter leurs sentiments. Si, elle a ce pouvoir, c’est parce que son don découle d’un plus lourd secret, que ses parents adoptifs lui cachent depuis sa naissance. Abi est l’enfant de l’archange Mickael et elle est elle-même un ange. Les anges déchus du Cercle de Thulé sont à sa recherche. Ils veulent se servir d’Abi comme sacrifice pour ouvrir la porte de l’Enfer et ainsi libérer Lucifer. Abi ne se doutant de rien, continue de vivre tranquillement sa vie de lycéenne. Elle ne sait pas qu’un garçon au visage d’ange va bouleverser sa vie à jamais…"


A la lecture de la quatrième de couverture, je ne me suis pas franchement sentie emballée par ce roman, qui ne faisait donc, en toute logique, pas partie de ma sélection pour l'opération Coup de Cœur 2013.

La lecture de sa totalité ne m'a pas fait changer d'avis : certes, le récit est cohérent et avance à un bon rythme. Mais il manque cruellement pour moi d'originalité. J'ai en effet compris très rapidement ce qui allait se passer à la fin du roman, les personnages et les différents évènements étant plus qu'attendus. J'ai surtout eu une grande sensation de déjà-vu, ayant lu le premier tome de Twilight une semaine auparavant (c'est mal tombé) : bien sûr, Gabriel est un ange et non un vampire, mais les situations et la relation qui s'instaure entre lui et Abigaëlle m'ont semblé très similaires - de même que la façon dont la jeune fille décrit ses sentiments contradictoires au fil du temps. Dernière chose qui m'a gênée : la description de ces sentiments qui est bien souvent maladroite, ne les rendant pas toujours très crédibles.     

 J'ai donc plus que moyennement apprécié ma lecture d'Attraction céleste : elle manque de surprise, qui plus est parce que la romance surnaturelle est un genre omniprésent en littérature ces dernières années.  Il est donc, à mon sens, encore plus nécessaire de se démarquer par son originalité. Certaines idées n'en restent pas moins intéressantes, notamment à la fin du roman, mais je ne les trouve pas toujours assez exploitées. Je ne pense donc pas lire la suite des aventures d'Abigaëlle, ce n'est définitivement pas mon genre de lectures...    



 

Eclats de rêves (Maïwenn Soler)


Publication originale : 2010
Publication dans cette édition : 2010
Edition : Mon Petit Editeur
Nombre de pages : 162
Prix : 20,30 euros
Quatrième de couverture : "Tout commence par une carte ne se référant à rien de connu, soulignée d’inscriptions incompréhensibles. Puis, ce sont ces quelques phrases, que Raïlyan de Preyloy, cartographe, découvre dans un ouvrage de la bibliothèque royale :
"Jadis, ils se dispersèrent aux quatre vents. Leur foyer était devenu trop petit, ou bien étaient-ce eux qui [étaient devenus trop] nombreux… Ils s’égaillèrent un peu partout, emportant avec eux une branche de leur arbre-maître."
Fasciné, il décide d’en apprendre plus et finit par découvrir de nombreux textes similaires. Tous mentionnent une mystérieuse civilisation, oubliée de tous.
C’est en allant à la recherche de ce peuple, les Abouteurs, qu’il aborde une île, un monde à part où le temps s’écoule de manière différente, un monde de sagesse, construit autour d’un arbre qui détient le savoir mais aussi la mémoire d’une civilisation disparue…"



Eclats de rêves faisait partie de mes hésitations quant au choix des 3 romans dans la catégorie "Imaginaire" de l'Opération Coup de Cœur 2013, et je l'avais "sacrifié" de ma sélection avec beaucoup de regrets. Heureusement qu'il a tout de même été choisi, car je serais passée à côté d'un magnifique ouvrage.

Je me suis laissée entraîner, dès les premières pages, avec beaucoup de facilité, à la suite de Raïlyan et de sa découverte d'une île et d'une civilisation perdues. J'ai lu le roman d'une traite, littéralement envoûtée et touchée par les Abouteurs et leur monde utopiste présenté de manière très originale. La narration, alternant entre extraits du journal du personnage principal et "éclats de rêves" de certains des Abouteurs qui racontent ainsi leur histoire et leur chute, est en effet très bien trouvée.  
La plume vraiment sublime de l'auteur, tout en douceur et en poésie, n'a fait que renforcer cet envoûtement au fil de ma lecture : pour un premier roman, elle fait déjà preuve d'un style personnel et abouti, très agréable à suivre.  
 
J'ai tout bonnement adoré l'univers onirique d'Eclats de rêves, qui nous est dévoilé par petites touches, et plus encore la mythologie imaginée par son auteur, extrêmement réaliste et cohérente, qui permet de comprendre cet univers dans ses moindres détails, et de se sentir vraiment impliqué dans l'histoire de cette civilisation, tel un archéologue. Quand j'ai posé le roman à la fin de ma lecture, j'ai eu la sensation d'avoir, tout comme Raïlyan, découvert un autre monde qui m'a totalement séduite.

C'est donc pour moi, comme vous l'aurez compris, un gros coup de cœur, et je vais suivre désormais de près l'actualité de Maïwenn Soler.  





La zygène de la filipendule (Ricardo Salvador)


Publication originale : 2011
Publication dans cette édition : 2011
Edition : Kyklos
Nombre de pages : 584
Prix : 25 euros
Quatrième de couverture : "Dans l’enceinte d’un zoo en faillite voué à une reconversion en centre de loisirs, un des repreneurs chargés de fermer le site est retrouvé assassiné. Un commissaire – qui souffre d’une homonymie fâcheuse avec un célèbre policier belge – mène l'enquête, aidé en cela par un médecin légiste déjanté et un inspecteur aussi dévoué qu'inefficace. L'autopsie aboutit à un premier constat improbable : c’est un éléphant qui aurait fait le coup ! Ou un ours… ou peut-être bien les deux ? Mais ce n'est qu'un début, un second cadavre fait bientôt son apparition, puis un troisième... Dans cette jungle urbaine, tout le monde se retrouve dans le collimateur du commissaire : Nestor, le soigneur du zoo, son frère Pollux, bohème notoire et joueur endetté, le directeur du zoo idéaliste alcoolo, l'ambitieux sous-directeur, les membres du conseil d’administration, Joséphine la femme de service, sorcière à ses heures, et Ginette, la caissière, qui se prépare à une nouvelle invasion teutonne... Immergé dans un univers où les plus dangereux prédateurs ne sont pas forcément ceux que l'on croit, le policier patauge et l'enquête piétine. Ajoutez à cela des vautours rigolards, un orang-outan amateur d’équations différentielles, un lama psychopathe, un tigre végétarien, un couple de dendrobates, sans oublier la fameuse "zygène", et vous obtiendrez un roman dé-zoo-pilant..."

La zygène de la filipendule est l'un des premiers romans que j'ai sélectionnés dans le cadre de l'Opération Coup de Cœur 2013. Les raisons de cette sélection ? Un titre complètement incongru et une quatrième de couverture on ne peut plus fou. J'ai donc été contente de voir qu'il faisait partie des heureux élus après vote de tous les membres du jury.


Dès les premières pages, j'ai senti que je n'allais pas être déçue. L'auteur décrit de suite avec beaucoup de dérision ses personnages et le premier crime commis, qui ne va aller qu'en s'accentuant. L'écriture efficace et comique (caricature, jeux de mots...) ne fait que renforcer cette dérision.  
Alors forcément, entre le commissaire Maigret (qui soutient mordicus que c'est Simenon qui lui a piqué son patronyme) et les frères Nestor et Pollux, des crimes bizarres, des scènes parfois dignes d'un vaudeville et des animaux hors du commun, je suis sortie enchantée de ma lecture.
Surtout qu'à tout cela s'ajoute une intrigue bien ficelée, qui manie avec brio les codes du genre policier pour les détourner de façon intelligente. De ce fait, malgré les scènes, les personnages et la résolution de l'enquête loufoques, tout s'imbrique parfaitement pour donner un ensemble cohérent et agréable à découvrir. 

Ce roman est donc, à mon sens, un brillant pastiche de roman policier, très théâtral, que je ne regrette pas le moins du monde d'avoir découvert. 


Une chose m'a tout de même gênée : je trouve que la quatrième de couverture en dit un peu trop sur les personnages. Même si j'ai apprécié les qualités littéraires et l'humour de ce roman, je n'ai finalement pas été assez surprise par eux au fil des pages... 


 

Sacrée petite robe noire (Nathalie Ribierre-Dubile)


Publication originale : 2012
Publication dans cette édition : 2012
Edition : TheBookEdition.com (Plumes au bout des doigts)
Nombre de pages : 156
Prix : 10 euros
Quatrième de couverture : " Betty est une femme de ministre et passionnée par la mode. Un soir elle rencontre un rappeur et sa vie va en être à jamais bouleversée. "

N'appréciant pas du tout la chick-lit, je ne me suis pas vraiment lancée dans Sacrée petite robe noire avec beaucoup d'enthousiasme. Mais je me disais malgré tout que je serais peut-être agréablement surprise par ce roman, tout peut arriver...


La surprise n'a pas été d'emblée dans le bon sens : le récit est en effet truffé de fautes d'orthographe, de syntaxe et des répétitions qui ont gêné ma lecture. Il semblerait que ce ne soit pas une version définitive, mais cela n'ayant pas été précisé au moment où je l'ai lu...

Cette mauvaise surprise passée - dont j'ai tant bien que mal fait fi -, j'ai essayé de m'intéresser à l'histoire et à ses personnages.  
Malgré toute ma bonne volonté, j'ai trouvé l'intrigue assez confuse et mal dosée quant à l'enchaînement des évènements. Celle-ci va parfois trop vite en besogne - perdant alors en crédibilité - ou au contraire insiste sur un détail insignifiant. J'ai donc fini tout bonnement par m'ennuyer au bout d'une dizaine de pages.
Et malheureusement, les personnages ne viennent pas, à mon sens, aider l'intrigue. Je les ai trouvés, Betty en tête, bien superficiels et attendus, au point de savoir toujours longtemps à l'avance comment ils allaient réagir. Je suis sûre qu'avec plus de relief et moins de déjà-vu, ils m'auraient rendu la lecture moins laborieuse...  


Sacrée petite robe noire est un roman qui ne m'a pas réconcilié avec ce genre : ce n'est tout simplement pas fait pour moi ! Il m'est donc bien difficile de donner un avis plus nuancé, et je m'en excuse par avance pour son auteur...
 


 

Une brèche dans le mur (Joëlle Adani)



Nationalité de l'auteur : Française
Publication originale : avril 2012
Edition : Mon Petit Editeur
Nombre de pages : 228
Prix : 25 euros
Quatrième de couverture : "En 1989, une équipe de coureurs français, sponsorisée par l’épicerie et la brasserie du coin, s’apprête à effectuer une course sans précédent de Béziers à Moscou pour célébrer le bicentenaire de la Révolution. Son long trajet à travers l’Europe sera ponctué de drames amoureux et de rencontres saugrenues qui prendront peu à peu le pas sur l’exploit sportif à proprement parler. Les quatre hommes et les quatre femmes sont en effet loin de s’imaginer que, dans ce contexte de guerre froide, leur équipée va attirer l’attention des services secrets américains et européens et qu’ils vont avoir un rôle à jouer dans la chute du Mur. Pourquoi des civils français iraient-ils en courant jusqu’à Moscou? L’idée semble trop bizarre pour être crédible. La CIA, le MI5 et la DGSE sont donc persuadés qu’il y a là anguille sous roche. Chaque geste innocent des coureurs filés par des espions depuis leur départ, va ainsi être comiquement réinterprété et disséqué à la loupe par les services secrets, créant deux niveaux de lecture pour ce roman haletant."

Malgré un démarrage difficile, parce que je n'arrivais vraiment pas à entrer dans l'histoire et dans le récit un que je ne trouvais pas très intéressant, j'ai fini par apprécier grandement ma lecture et même à être touchée par ce qui était raconté dans les dernières pages. 

Ce roman met en effet en jeu un double récit, d'abord celui des coureurs, se déroulant comme une chronique sportive (ce que je n'ai pas apprécié au départ), et en même temps celui des services secrets qui considèrent que ces coureurs sont des espions, se déroulant plutôt comme un roman d'espionnage assez bien ficelé. Derrière ce double récit transparaît toute l'histoire de la Guerre Froide, avec la  frontière que dessine le mur de Berlin. Ce mur finit par devenir l'acteur du récit en ce qu'il est à l'origine des aventures, heureuses ou malheureuses, de nos coureurs dans les dernières parties. 

Si je n'avais pas trouvé le début d'Une brèche dans le mur assez ennuyeux, j'aurais pu dire de ce roman qu'il a été qu'une excellente lecture. Il n'en sera, de ce fait, qu'une lecture assez agréable : j'ai quand même dû me forcer un peu pour continuer de lire. Et heureusement en fin de compte, puisque je n'aurais pas été agréablement surprise par ce qui a suivi ! 

A bientôt pour le quatrième roman de l'OCDC 2013 !  


Le puits des mémoires 1 : La traque (Gabriel Katz)


 Nationalité de l'auteur : Française
Publication originale : 2012
Edition : Scrineo
Nombre de pages : 395
Prix : 16,90 euros
Quatrième de couverture : " Trois hommes se réveillent dans les débris d'un chariot pénitentiaire accidenté en pleine montagne. Aucun d'eux n'a le moindre souvenir de son nom, de son passé, de la raison pour laquelle il se trouve là, en haillons, dans un pays inconnu. Sur leurs traces, une horde de guerriers de l'autre bout du monde, mettra le royaume à feu et à sang pour les retrouver. Fugitifs, mis à prix, impitoyablement traqués pour une raison mystérieuse, ils vont devoir survivre dans un monde où règnent la violence, les complots et la magie noire. "


En soi, l'idée de faire perdre la mémoire à ses personnages principaux en début d'intrigue n'est pas forcément originale : j'étais donc un peu dubitative quand j'ai commencé à lire Le puits des mémoires, en ayant un peu peur de lire quelque chose de trop "classique", même si alléchant. 

En fin de compte, qu'est-ce que j'ai trouvé cette idée bien amenée ! En effet, Gabriel Katz nous décrit un univers franchement riche - le royaume d'Helion - que nous découvrons au même rythme que Nils, Karib et Olen (les noms que nos personnages se donnent au début de l'histoire). Ainsi, à aucun moment je ne me suis sentie perdue dans l'évocation des lieux, des personnages importants, de l'histoire, etc. du royaume. Au contraire même, puisque j'ai eu l'impression de suivre nos "héros" au plus près de leurs aventures, étant surprise/choquée/amusée en même temps qu'eux face à leurs découvertes.
De plus, la fantasy étant un genre malheureusement rebattu, je m'attendais également de ce point de vue à peu d'originalité : mais là aussi, l'auteur réussit parfois à sortir des codes pour nous surprendre agréablement. Par exemple, lorsqu'on assiste au premier fait d'armes de nos personnages, on se rend compte que la carrure de chacun n'est pas forcément représentative de son style de combat, ce qui va être confirmé dans la suite du récit - cette confusion menant d'ailleurs Karib à des situations bien cocasses - . Il existe bien d'autres exemples surprenants mais je vous laisse le soin de les découvrir.
Dernier point que j'ai apprécié, c'est l'humour présent tout au long du roman : nos personnages sont en effet loin d'être des héros, puisqu'ils se ridiculisent bien souvent, de même que le reste de la population d'Helion. Situations cocasses comme évoquées précédemment, dialogues souvent très drôles, personnages caricaturaux... Tout ceci ne fait pas de mal dans une histoire en même temps assez sérieuse !      
 

Le puits des mémoires a été ma deuxième lecture en lien avec l'opération Coup de Cœur 2013 et, tout comme pour Pourquoi les gentils ne se feront plus avoir... de J. Heska, c'est une très belle découverte. Gabriel Katz a réussir à lancer avec brio une saga fantasy qui a le mérite de jouer avec certains poncifs de ce genre, lui donnant de l'originalité et de la fraîcheur. Qui plus est, ce premier tome est vraiment bien écrit, cohérent, fluide et souvent drôle : avec toutes ces qualités, je l'ai bien sûr trouvé très facile et agréable à lire ! 
Je vais donc rapidement me procurer le tome 2, intitulé Le fils de la lune, qui vient d'être publié : j'ai vraiment envie de connaître la suite des aventures de nos trois compères !  

A bientôt pour le troisième roman de cette opération ! 



Pourquoi les gentils ne se feront plus avoir... (J. Heska)



Nationalité de l'auteur : Française
Date de publication  :  2011
Edition : Transit
Nombre de pages : 214
Prix : 14,95 euros


Avant de lire ce roman, qui m'avait déjà interpellée par son titre et sa quatrième de couverture, je ne savais pas pour autant à quoi m'attendre précisément. 

En tout cas, je n'ai pas eu le temps de me poser franchement la question quand je suis entrée en vrac dans la vie chaotique de Jérôme, jeune homme manquant de confiance en lui, qui, de plus en plus déprimé par sa vie sociale, décide de changer radicalement sa façon de concevoir tout ce qui l'entoure, en devenant plus sociable et en s'efforçant de s'intégrer aux autres. Il note, au fil de ce changement, ses sentiments et réflexions personnels dans des carnets qui lui servent de journal. Où l'on découvre alors, dans ces carnets, que ces autres dont il veut se rapprocher sont bourrés de défauts, comme lui. Leur principal défaut est leur grande fermeture d'esprit qui fait de l'anticonformiste, comme Jérôme et ou son collègue geek Etienne, une personne qui fait peur et qu'il faut rejeter violemment, avec beaucoup de méchanceté. Cette notion de méchanceté va alors devenir le point d'orgue de tout un travail de réflexion pour le jeune homme, dans son journal, travail qui va prendre une importance à laquelle il n'aurait jamais pensé...


Derrière cette histoire, qui peut paraître d'abord on ne peut plus sérieuse, se cache en effet toute une réflexion quasi philosophique sur les comportements humains, sur l'importance que revêtent les relations sociales pour s'épanouir dans notre société telle qu'elle a évolué de nos jours. Elle pourrait donc être parfois un peu ennuyeuse si elle n'en restait qu'à cette forme sérieuse : mais heureusement, dès les premières lignes, l'on se rend compte que ce sujet sera abordé de manière "légère" et rafraîchissante. Ainsi, les personnages, même Jérôme, sont de véritables caricatures ambulantes que l'on côtoie nous aussi au boulot, qui sont parfois nos amis, petits amis, parents, frères ou sœurs... Alors forcément, on en rit facilement, ayant toujours cette sensation de déjà-vu : "Tiens, on dirait Chantal, ma collègue; elle serait tout à fait capable de réagir de cette façon...". Il en est de même des situations dans lesquelles se trouve parfois embarqué Jérôme, à qui il arrive toujours la bourde qui pourrait tout à fait nous arriver également. 

Ce que j'ai encore plus apprécié que ces tranches de vie  et personnages si vraisemblables, ce sont toutes ces petites conclusions venant ponctuer le journal de Jérôme, à la manière de proverbes qui commenceraient tous par "La vie, c'est comme...". Ces conclusions m'ont fait souvent sourire, parfois carrément rire, autant parce qu'elles sont bien trouvées que parce qu'elles renvoient à des situations ou des références culturelles qui me "parlent" particulièrement. Voici justement la première conclusion, qui m'a immédiatement plu et qui m'a donné envie de lire tout aussi immédiatement la suite : "La vie, c’est comme Mario Bros 1. On passe son temps à trimer pour ramasser des pièces, on est obligés d’avancer pour affronter de nouveaux dangers, on subit sans cesse les mêmes épreuves répétitives, le temps est limité et on finira quand même par mourir. Mais surtout, on a beau poursuivre l’aventure, la princesse est toujours dans un autre château". Je vous laisse bien sûr le plaisir de découvrir les autres si l'envie vous prend d'ouvrir un jour ce roman !

Cet récit est également servi par une intrigue originale, cohérente, sans aucun temps mort et vraiment bien écrite : j'ai lu ce roman, pour ma part, en une seule soirée, parce que je ne pouvais vraiment pas m'arrêter avant d'avoir terminé - mon sommeil en a d'ailleurs pâti - . 


Pourquoi les gentils ne se feront plus avoir... est donc un roman que j'ai trouvé passionnant, très bien mené, qui se lit rapidement et de manière plaisante : d'abord parce qu'il est franchement drôle, mais aussi et surtout parce qu'il dénonce, avec énormément de dérision, les travers de notre société. Celle-ci a en effet engendré, dans nos comportements quotidiens,  des aberrations : si l'on n'est pas comme les autres, on devient d'une certaine façon celui à abattre (par l'indifférence ou le mépris, voire la méchanceté) car on n'obéit pas à des règles sociales et culturelles communes prônant la conformité et l'individualisme (surtout pas l'originalité et l'empathie pour son prochain ! ). 

Ce roman de J. Heska, ma première lecture dans le cadre de l'opération Coup de Coeur 2013, est donc une première belle découverte, avec un jeune écrivain qui a d'ors et déjà un style personnel et original, de même qu'une façon plutôt comique d'aborder le monde qui l'entoure.  Je me sens d'ailleurs très proche de cette façon de concevoir le monde, avec beaucoup d'humour et de dérision, me retrouvant fortement dans toutes les références présentes au fil du récit.
Je pense poursuivre l'aventure très prochainement avec son autre roman, On ne peut pas lutter contre le système. 


 

Coup de Coeur 2013 : le résultat des présélections

 
 
Ca y'est, les résultats sont arrivés, et c'est ici que ça se passe pour avoir un résumé des livres ! J'ai tout de même ajouté au moins la sélection dans ce billet :
 
 



 
 

 
 


 
 
 

 

 
 
Je suis plutôt contente de ces résultats  : j'avais voté pour 3 des heureux gagnants et j'avais hésité pour 2 autres avant de les mettre de côté. En ce qui concerne ceux pour qui j'avais voté et qui n'ont pas été sélectionnés, je crois que je les achèterai prochainement pour les lire quand même !
 
Tout ceci laisse augurer de très bonnes découvertes, même si j'ai un peu peur pour la lecture de 2 des livres sur les 9, puisqu'ils renvoient à des genres que je n'apprécie pas vraiment (ceux qui me connaissent sauront desquels je parle). J'espère donc être, plus particulièrement pour ces deux-là, agréablement surprise !
 
A bientôt pour la première lecture qui devrait avoir lieu vers mi-octobre !