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Séraphine (Martin Provost)



Pays : France, Belgique

Date de sortie : 1 octobre 2008

Durée : 2h05

Acteurs : Yolande Moreau (Séraphine Louis), Ulrich Tukur (Whilhelm Uhde), Anne Bennent (Anne Marie)...

Scénario : Martin Provost, Marc Abdelnour. 

 Synopsis Allociné : " En 1912, le collectionneur allemand Wilhelm Uhde, premier acheteur de Picasso et découvreur du douanier Rousseau, loue un appartement à Senlis pour écrire et se reposer de sa vie parisienne. Il prend à son service une femme de ménage, Séraphine, 48 ans. Quelque temps plus tard, il remarque chez des notables locaux une petite toile peinte sur bois. Sa stupéfaction est grande d'apprendre que l'auteur n'est autre que Séraphine. S'instaure alors une relation poignante et inattendue entre le marchand d'art d'avant-garde et la femme de ménage visionnaire." 


Au début du film, j'ai eu peur de m'ennuyer parce qu'il ne se passait pas grand chose.  Et puis Séraphine est apparue : je me suis vite attachée à elle, à son histoire et à la façon dont son talent pictural hors du commun éclot grâce à sa rencontre avec Whilhelm. Yolande Moreau est incroyable dans ce rôle, vraiment touchante, me montrant une facette d'actrice que je ne lui connaissais pas encore.

Quant à la réalisation du film, elle m'a particulièrement plu, à la fois sobre par sa mise en scène et éclatante par sa photographie, qui met bien en lumière les œuvres de Séraphine.

Ce film m'a en tout cas donné envie d'en découvrir davantage sur cette artiste peintre que je ne connaissais que de nom, autant pour l'originalité de son travail que pour sa vie tout aussi belle que tragique.  
 


Empire du soleil (Steven Spielberg)


Titre original : Empire of the Sun
Pays : Etats-Unis
Date de sortie : 16 mars 1988
Durée : 2h34
Acteurs : Christian Bale (James Graham/Jim), John Malkovich (Basie), Miranda Richardson (Mme Victor), Nigel Havers (le docteur Rawlins), Joe Pantoliano (Frank Demarest), Masatô Ibu (le sergent Nagata), Emily Richard (la mère de Jim), Rupert Frazer (le père de Jim).
Scénario : d'après l’œuvre de James Graham Ballard (également au scénario), Tom Stoppard et Menno Meyjes.
 Synopsis Allociné : "En 1941, la concession internationale de Shanghaï semble ignorer tout de l'occupation japonaise du reste du pays. James Graham, jeune fils d'un industriel britannique, y vit une existence protégée et pleine d'aventures imaginaires. Mais l'attaque de Pearl Harbour marque la fin de cet état de grâce, et James se retrouve séparé de sa famille. Condamné au statut d'errant, il se retrouve finalement emprisonné dans un camp de prisonniers où il doit apprendre à survivre..."

Je ne savais pas du tout à quoi m'attendre en regardant ce film donnant une vision plutôt originale de la Seconde Guerre Mondiale : nous sommes en effet rarement face au point de vue oriental de cette guerre, encore moins celui des anglais, américains... présents en très grand nombre à l'époque en Chine dans les concessions internationales et amenés dans des camps de prisonniers japonais. 

J'ai été vraiment impressionnée par ce que j'ai visionné, surtout grâce à la performance incroyable de Christian Bale. 
Il campe ici le rôle d'un jeune garçon curieux, épris d'aventures, de liberté et de justice - je lui ai d'ailleurs trouvé quelque chose de Tom Sawyer, que j'ai lu récemment, en peut-être plus cultivé et donc parfois plus réfléchi - , qui découvre bien malgré lui que le monde dans lequel il pensait vivre est loin d'être aussi parfait que ce que laissait sous-entendre sa vie idéale dans la villa familiale de Shanghaï. Néanmoins, il affronte la guerre et le camp de prisonniers avec bonne humeur, espoir et vivacité d'esprit, parfois communicatifs pour ses compagnons, parfois exaspérants. 
Il porte, grâce à ce rôle, le film sur ses épaules avec brio - même s'il reste bien secondé par John Malkovich, yankee opportuniste et particulièrement cynique face à la situation, qui décide d'aider le jeune garçon malgré tout. Ce duo donne beaucoup de fraîcheur et de poésie (surtout les scènes où Jim se fait happer par son imagination, comme n'importe quel enfant) au récit d'une situation pourtant désespérée et inhumaine, sans pour autant minimiser ce que cette situation sous-tend (maladies, manque de nourriture, violences, travaux forcés...).

J'ai donc trouvé qu'Empire du Soleil était un très beau film, qui raconte vraiment différemment la guerre grâce au regard à la fois naïf et réfléchi d'un enfant qui découvre brusquement la violence et la cruauté de ses semblables, et qui doit s'adapter en conséquence pour survivre. 
 


Hot Fuzz (Edgar Wright)



Titre original : Hot Fuzz
Pays : Grande-Bretagne, Etats-Unis, France 
Date de sortie : 18 juillet 2007
Durée : 2h00
Acteurs : Simon Pegg (Nicholas Angel), Nick Frost (Danny Butterman), Jim Broadbent (Frank Butterman), Timothy Dalton (Simon Skinner)...
Scénario : Edgar Wright, Simon Pegg. 
 Synopsis Allociné : "A Londres, le policier Nicholas Angel est le meilleur de son équipe. Tellement bon qu'il fait passer ses collègues pour de simples gardiens de la paix. Le chef de la brigade décide donc de le "promouvoir" dans le petit village de Sandford, où il ne se passe rien. Aux côtés du policier local Danny Butterman qui rêve de devenir Mel Gibson, Nicholas règle quelques contraventions sans grand intérêt. Une série de crimes étranges va le remettre dans l'action... "

Après Shaun Of The Dead, Hot Fuzz est le deuxième volet de la trilogie Blood and Ice Cream (ou Three Flavours Cornetto Trilogy) réalisée par Edgar Wright, écrite également par lui et Simon Pegg, et dont les personnages principaux sont joués par Simon Pegg et Nick Frost. Pourquoi ce nom ? Parce que dans chaque film, nous voyons les personnages manger un ou plusieurs Cornetto de couleurs différentes, tout simplement... Ces couleurs font d'ailleurs référence à une autre trilogie cinématographique, celle des Trois couleurs, réalisée par Krzysztof Kieślowsk dans les années 1990. D'emblée, le sérieux n'est donc pas de mise, ce qui se confirme au regard de ces deux premiers films sortis au cinéma (le dernier est prévu pour 2013) : Shaun Of The Dead parodie en effet les films de zombies tandis qu'Hot Fuzz s'en prend plutôt aux films policiers/action.  

Le début du film est de ce principe on ne peut plus banal : Nicholas Angel est un super flic de Londres, tellement bon qu'il se fait muter par ses chefs dans le fin fond de la campagne anglaise, à Sandford. Ils en ont en fait assez de passer pour des branques face à toutes ses actions de bravoure. Il se retrouve donc dans un autre monde, où il doit, en tant qu'agent de police, faire régner l'ordre en mettant à la porte du pub tous les ados qui ne sont pas majeurs, récupérer un cygne qui s'est échappé du parc de son propriétaire... Bref, tout sauf des actions de bravoure. Dans cette première partie, nous découvrons aussi, en même temps que Nicholas, la nouvelle équipe dans laquelle il a été affecté : des inspecteurs pas bien malins à la Dupont et Dupond, des gardiens de la paix guère mieux, dont l'un d'eux, Danny (qui est aussi le fils du capitaine de la brigade, Franck, d'un flegme impressionnant), est fasciné par les films d'action emplis de super flics comme Point Break, Bad Boys et j'en passe.  
Cette partie est surtout drôle par rapport à la situation grotesque dans laquelle se trouve Nicholas et le choc des cultures entre mégalopole et village qu'elle entraîne : les missions attribuées aux policiers ridicules, bien sûr, mais aussi les façons dont ceux-ci s'en occupent, tout aussi ridicules.
 
Et puis, brusquement, des crimes, que tout le monde considère comme des accidents, commencent à fleurir dans le village. Le film devient alors du grand n'importe quoi, parodiant les films cités précédemment en en faisant encore plus des tonnes (oui, c'est possible) quant à la résolution de l'enquête et à la scène d'action finale habituelle. Et bien sûr, après en avoir fait des tonnes, les scènes tombent toujours à plat, soit grâce à des punchlines débiles ou prévisibles - petite précision : ce qu'on appelle punchline est une réplique, dans un film d'action, qui fait mouche et dont on se souvient forcément, par exemple "Hasta la vista baby" dans Terminator 2 ou "Yippie-Kay-yee, pauvre con" dans Die Hard -, soit parce qu'elles se finissent vraiment bêtement. Nous sommes vraiment dans la parodie puisque tous les poncifs de ce genre cinématographique sont poussés à leur extrême jusqu'à en devenir risibles.  

J'ai trouvé Hot Fuzz franchement génial après coup : c'est la deuxième fois que je le regarde et la première fois avait plutôt été une déception. Je pense que cette première déception s'explique parce qu'après Shaun Of The Dead (que j'ai malgré tout préféré), je ne m'attendais pas du tout à ça. Je ne regrette donc pas d'avoir voulu le revoir, parce que j'ai ri comme une bossue pendant deux heures. 

A voir et à revoir si vous aimez les films parodiques et/ou pour le duo Simon Pegg/Nick Frost que personnellement j'adore !  


Skyfall (Sam Mendes)


Titre original : Skyfall
Pays : Etats-Unis et Grande Bretagne
Date de sortie : 26 octobre 2012
Durée : 2h23
Acteurs : Daniel Craig (James Bond), Judi Dench (M), Javier Bardem (Raoul Silva), Ralph Fiennes (Gareth Mallory), Naomie Harris (Eve)...
Scénario : d'après l’œuvre de Ian Fleming; Neal Purvis, Robert Wade et John Logan. 
 Synopsis Allociné : " Lorsque la dernière mission de Bond tourne mal, plusieurs agents infiltrés se retrouvent exposés dans le monde entier. Le MI6 est attaqué, et M est obligée de relocaliser l’Agence. Ces événements ébranlent son autorité, et elle est remise en cause par Mallory, le nouveau président de l’ISC, le comité chargé du renseignement et de la sécurité. Le MI6 est à présent sous le coup d’une double menace, intérieure et extérieure. Il ne reste à M qu’un seul allié de confiance vers qui se tourner : Bond. Plus que jamais, 007 va devoir agir dans l’ombre. Avec l’aide d’Eve, un agent de terrain, il se lance sur la piste du mystérieux Silva, dont il doit identifier coûte que coûte l’objectif secret et mortel… " 

Ce nouveau volet de James Bond est tout bonnement excellent. Les 2h20 passent très vite, mêlant avec brio scènes d'action à l'ancienne très bien réalisées et scènes faisant avancer l'histoire avec beaucoup de cohérence et d'intérêt. 
De plus, l'histoire est vraiment intéressante, nous mettant face à une situation inattendue pour l'agent 007, qui a bien du mal à être au meilleur de sa forme et de ses capacités pour diverses raisons. Elle est encore bien sombre et violente, ce qui a toujours été le cas avec la venue de Daniel Craig dans le rôle de l'espion le plus célèbre de tous les temps.
Il est d'ailleurs toujours parfait dans son rôle, associant classe, violence et cynisme. Il est aussi plutôt bien accompagné par Javier Bardem, qui fait encore preuve de beaucoup de talent en interprétant un criminel plus qu'original et fou : j'ai adoré son personnage ! Naomie Harris est aussi bien sympathique comme coéquipière de Bond. J'ai enfin beaucoup apprécié la place que prend M, interprétée par Judi Dench, dans ce film, qui n'en est que plus riche et intéressant.
Et comme d'habitude, des clins d'œil vraiment appréciables faits aux précédents films apparaissent toujours aux bons moments pour rendre les situations un peu moins dramatiques. 

Un simple petit bémol : dans certains passages, il manque peut-être certaines informations, que l'on comprend certes vite, mais qui perturbent pendant quelques instants tout de même.

Je ne regrette donc pas ma séance cinéma : Skyfall est encore un très bon James Bond, qui remplit parfaitement son rôle de film d'espionnage, avec toujours cette nouvelle fraîcheur donnée au personnage par l'interprétation de Daniel Craig.

A voir d'urgence !
      
 

X-Men Le Commencement (Matthew Vaughn)


 
 
Titre original : X-Men: First Class
Pays : Etats-Unis 
Date de sortie : 1 juin 2011
Durée : 2h10 
Acteurs : James McAvoy, Michael Fassbender, Kevin Bacon, Jennifer Lawrence, January Jones, Rose Byrne...
Scénario : Matthew Vaughn, Bryan Singer, Sheldon Turner, Ashley Edward Miller...
 Synopsis Allociné : "Avant que les mutants n’aient révélé leur existence au monde, et avant que Charles Xavier et Erik Lehnsherr ne deviennent le Professeur X et Magneto, ils n’étaient encore que deux jeunes hommes découvrant leurs pouvoirs pour la première fois. Avant de devenir les pires ennemis, ils étaient encore amis, et travaillaient avec d’autres mutants pour empêcher la destruction du monde, l’Armageddon. Au cours de cette opération, le conflit naissant entre les deux hommes s’accentua, et la guerre éternelle entre la Confrérie de Magneto et les X-Men du Professeur X éclata…"
 
 
J'ai enfin osé regardé X-Men Le commencement, ce qui n'était pas gagné après la déconvenue du troisième volet des X-Men : mais pourquoi Bryan Singer est-il allé réaliser Superman returns plutôt que de réaliser celui-ci ? Ce film m'a en tout cas dégoûtée un petit moment de la série de comics Marvel qui a ma préférence depuis des années.
A force d'entendre en boucle dans mon entourage que ce nouveau volet n'avait rien à voir, et puis de savoir que Matthew Vaughn (Layer Cake, Kick-Ass) était aux commandes, je me suis enfin lancée...
 
Et j'ai eu vraiment raison : comme c'est agréable de regarder un film cohérent, qui n'en fait pas des tonnes pour les scènes d'action au détriment de l'intrigue, avec des personnages qui tiennent la route !
 
L'idée de départ est vraiment intéressante : revenir sur la création des X-Men est plus que bienvenue, même si le choix des personnages présents dans le film est discutable. Je pense surtout à Emma Frost, qui est la deuxième compagne de Scott Summers (Cyclope) après la disparition de Jean Grey : elle n'est donc normalement pas du tout présente à ce moment de l'histoire. Ce n'est de toute façon pas le seul ajout de personnages, et il en manque d'autres importants. Mais dans l'ensemble, l'esprit des comics reste respecté, même si tout n'est pas forcément fidèle : on retrouve d'ailleurs l'esprit des deux très bons premiers volets réalisés par Bryan Singer (forcément, celui-ci est de retour au scénario !)

L'histoire est également bien pensée par son rapprochement plausible avec la crise des missiles à Cuba de 1962 : j'ai trouvé cela vraiment intelligent de créer ce rapprochement avec un évènement historique réel pour donner un peu plus de hauteur au scénario.

La réalisation est par ailleurs plus vraisemblable et agréable à regarder, notamment pour les scènes de combat : très sobre mais efficace, ce qui fait qu'on y croit un minimum (bon, ce sont des mutants aux super-pouvoirs, d'accord, mais quand même...) et qu'on ne passe pas son temps à essayer de comprendre qui fait quoi.
Et surtout, les combats passent au second plan, puisque tout l'intérêt du film repose sur la progression de la scission qui se forme entre Erik/Magneto et Charles/Professeur Xavier quant à leur façon d'aborder le "problème" mutant, jusqu'à la rivalité et l'affrontement. D'ailleurs, Michael Fassbender et James McAvoy, respectivement Magneto et le Professeur Xavier, ont été vraiment bien choisis pour incarner ces personnages : ils permettent vraiment de donner corps à l'évolution de ces deux leaders, afin de mieux comprendre l'origine des X-Men. 

Dernière chose que j'ai vraiment appréciée : les différents clins d'oeil faits tout au long du film, autant aux comics qu'aux adaptations ciné qui précédaient, clins d'oeil bien drôles que je vous laisse bien sûr découvrir si vous ne l'avez pas encore visionné.
 
 
X-Men Le commencement est donc un excellent film, qui se laisse regarder avec beaucoup de plaisir et qui me réconcilie enfin avec les adaptations ciné de ma série comics préférée de Marvel !

Biutiful (Alejandro Gonzalez Inarritu)



 
Titre original : Biutiful
Pays : Espagne / Mexique
Date de sortie : 20 octobre 2010
Durée : 2h18 
Acteurs : Javier Bardem, Maricel Alvarez, Eduard Fernandez, Diaryatou Daff, Cheick N'Diaye, Taisheng Cheng, Luo Jin... 
Scénario : Armando Bo, Alejandro Gonzalez Inarritu, Nicolas Giacobone.
 

Je suis une grande admiratrice d'Inarritu, et ce depuis son premier film, Amours chiennes (2000) que j'avais vu au ciné avec ma prof d'espagnol alors que j'étais au lycée. Malgré tout, même si j'ai toujours trouvé sa réalisation à la fois soignée et percutante et les scénarii intéressants, j'ai fini aussi par avoir l'impression que le concept qui était présent dans tous ses films (destins croisés de plusieurs personnages qui, après être présentés séparément, finissent par presque tous se rencontrer par hasard, de manière plus ou moins tragique) commençait malheureusement à s'essoufler.

 
Justement, dans Biutiful, un seul personnage est vraiment central, même si beaucoup d'autres gravitent autour de lui (famille, amis, collègues de travail...) : Uxbal, qui vit dans les quartiers pauvres de Barcelone et qui fait ce qu'il peut pour donner une vie décente à ses enfants depuis qu'il est séparé de sa femme maniaco-dépressive. Cet homme a une particularité étrange : il est sensible à la présence des âmes des morts, parvenant ainsi à gagner un peu d'argent en donnant le repos à celles-ci avant les enterrements. De manière plus terre à terre, il est aussi celui qui trouve du travail sur des chantiers de construction à des clandestins nouvellement arrivés en Espagne. Entre ces deux "métiers", une découverte tragique va lui faire prendre conscience de la fugacité de son existence et du long chemin qui lui reste à parcourir afin d'être en paix avec le monde qui l'entoure et lui-même...
 
 
Malgré ce scénario assez classique, Inarritu a réussi à faire de son film un très grand film : la réalisation et la photographie sont de toute beauté, de même que la bande originale, le tout collant parfaitement à l'atmosphère mélancolique de l'histoire et créant aussi un sacré contraste avec l'environnement glauque et terne dans lequel évolue Uxbal.
L'interprétation de Javier Bardem est plus qu'incroyable, puisque la totalité du film repose sur ses épaules. Il s'en sort de manière remarquable, en nous faisant vivre en sa compagnie,  avec force et délicatesse, la progression de son personnage vers la rédemption qu'il cherche à atteindre : il a vraiment mérité son prix à Cannes ! 
J'ai été vraiment touchée par cette histoire tour à tour banale et poétique, brutale et sensible, oppressante et légère..., vécue par un homme qui choisit de donner un nouveau sens à sa vie avant sa mort, notamment en permettant à son âme de trouver le repos qu'il a lui a même trouvé pour d'autres...
 
 
Biutiful est donc un film à voir sans hésitation, même s'il est à éviter en grosse période de déprime : il est très éprouvant, et c'est ce qui le rend si beau et si difficile à regarder en même temps !

Citizen Kane (Orson Welles)


Deuxième grand classique du cinéma américain que je regarde en peu de temps après  Casablanca, Citizen Kane revient sur la vie d'un éminent personnage fictif, Charles Foster Kane, magnat de la presse, après sa mort qui a lieu dans des circonstances étranges et qui donne lieu à des dernières paroles tout aussi étranges : "Rosebud". Pour comprendre le sens de ces dernières paroles, et faire la lumière sur le personnage qu'était Kane, un journaliste, Thompson va enquêter sur lui en rencontrant son entourage.
 
C'est sur ce scénario très simple que se construit un film qui est, malgré un seul visionnage, déjà devenu pour moi un monument à ne pas rater.
Cette enquête prend d'abord une allure tout à fait intéressante en ce qu'elle interroge des personnes bien différentes les unes des autres, donnant donc une image à chaque fois bien différente de Kane selon l'évènement raconté et la relation entretenue avec lui (amitié, inimitié, amour devenu haine, pitié...) : de ce fait se forme non pas une réalité, mais une véritable légende (de l'ascension fulgurante à la chute ) autour de ce personnage charismatique. Justement, ce charisme est tout à fait mis à l'honneur grâce à la superbe interprétation d'Orson Welles, jouant à la perfection ce personnage qui devient comme légendaire au fil des histoires racontées.
Quant à la réalisation, elle est, comme Casablanca, incroyablement moderne pour l'époque de tournage (1941), tout en variété de plans extrêmement vivants et de répliques qui tombent juste et sont filmées de la meilleure façon pour prendre le maximum de force.
   
Citizen Kane est donc un autre de ces classiques à ne manquer sous aucun prétexte, autant pour sa modernité que pour la prestation phénoménale de son réalisateur/acteur principal, Orson Welles.  
 
 

Casablanca (Michael Curtiz)

 
 
Synopsis :
"A Casablanca, pendant la Seconde Guerre mondiale (le Maroc est alors contrôlé par le gouvernement de Vichy), le night-club le plus couru de la ville est tenu par Rick Blaine, un Américain en exil. Mais l'établissement sert également de refuge à ceux qui voudraient se procurer les papiers nécessaires pour quitter le pays. Lorsque Rick voit débarquer un soir le dissident politique Victor Laszlo et son épouse Ilsa, quelle n'est pas sa surprise de retrouver dans ces circonstances le grand amour de sa vie..." 
 
 
Casablanca est un de ces grands classiques (d'ailleurs il faudrait que j'en fasse une liste) que je voulais voir depuis des années sans prendre le temps de sauter le pas. C'est désormais chose faite, et franchement, quel regret de ne pas l'avoir visionné avant, ce film est tout bonnement grandiose !

Dès les premières minutes, je n'ai pas eu du tout l'impression de voir un film datant de 1942 : dans cette situation, on s'attend toujours à voir une réalisation assez fixe, avec beaucoup de gros plans sur les acteurs principaux et des scènes d'action qui manquent souvent de vigueur. Ce n'est ici pas du tout le cas puisque les scènes sont extrêmement dynamiques, ce dynamisme étant d'ailleurs renforcé par des répliques vraiment bien choisies, qui semblent couler de source - rendant le tout d'un naturel bienvenu -. D'emblée, la réalisation est donc résolument moderne et agréable : les 1h40 passent très vite !
 
Que dire ensuite du casting ? Humphrey Bogart et Ingrid Bergman sont magistraux : l'un dans le rôle de Rick Blaine, un propriétaire de night-club désabusé, qui cherche par dessus tout à oublier la femme dont il est tombé amoureux quelque temps plus tôt à Paris (juste avant la prise de la ville par les nazis); l'autre dans celui d'une femme, Ilsa Lund, mariée à l'un des grands dissidents de l'Allemagne nazie qui doit fuir de Casablanca pour continuer la résistance - justement la femme dont est amoureux Rick, cet amour étant bien sûr réciproque. Avec eux, la création, à mon sens, d'un des couples les plus mythiques du cinéma, tiraillé entre la passion et la nécessité de se comporter de manière juste pour espérer combattre l'Allemagne. De ce conflit entre l'amour et la raison naissent des répliques géniales, parfaites pour le retranscrire et donner au film toute son intensité.  
 
Dernier élément important, là aussi présenté de très belle manière : tourné en pleine Seconde Guerre Mondiale, Casablanca est une ode à la révolte contre l'Occupation et l'injustice qui en découle, ode symbolisée par la Marseillaise, le chant par excellence de dénonciation de la tyrannie à toutes les époques et dans tous les pays. La fin du film ne fait d'ailleurs que renforcer cette idée qui devient centrale au fur et à mesure de l'avancée de l'intrigue, faisant passer les désirs personnels au second plan, après la sauvegarde de la liberté de tous. 
 
 
Un film magnifique, moderne (il n'a en effet pas pris une ride), avec une histoire d'amour mémorable, belle et émouvante, des scènes d'anthologie qui ne s'oublient pas (je suis restée scotchée devant la scène de la Marseillaise d'ailleurs), des acteurs époustouflants, et une atmosphère incroyable. Je n'ai qu'un conseil : si vous n'avez pas encore vu Casablanca, n'hésitez pas !

28 semaines plus tard (Juan Carlos Fresnadillo)

 
28 semaines après l'arrivée du virus qui a ravagé Londres et la Grande-Bretagne, les contaminés sont morts de faim et la catastrophe semble éradiquée. La capitale anglaise se reconstruit, avec l'aide des troupes américaines, dans certains secteurs de la ville nettoyés.
C'est dans ce contexte que Don, régisseur d'un des immeubles de la reconstruction, parvient à faire revenir ses enfants, Tammy et Andy, d'Espagne (ils y avaient été envoyés pour être protégés de l'épidémie). Après leur avoir difficilement annoncé la mort de leur mère, Alice, qu'il n'a pas réussi à sauver, ils essaient tant bien que mal de reprendre une vie normale. Jusqu'au moment où...
 
 
28 semaines plus tard s'intéresse plus particulièrement, dans la première partie du film, au retour de la civilisation après le chaos perpétré par le virus. Les contaminés sont tous morts, la population survivante se réhabitue à la vie en société et au confort. L'optimisme est de retour, comme le montrent la réalisation et la photographie (tout est lumineux, les images sont filmées de manière très apaisée).
 
Puis tout bascule dans un contraste vertigineux en un seul instant : triste retour à la réalité, avec la nuit et les contaminés. Violence insoutenable, course contre la montre pour survivre et s'échapper de la capitale mise en quarantaine omniprésente dans des plans saccadés et très rapides : certaines scènes sont en effet vraiment oppressantes, comme dans tout bon film d'horreur, et ceci jusqu'aux dernières minutes.
 
Juan Carlos Fresnadillo manie très bien à mon sens ce passage d'un extrême à l'autre, donnant à son film une sacrée intensité : à partir de sa deuxième moitié, on reste vraiment collé à son canapé, à attendre de voir ce qu'il va arriver aux survivants et espérer qu'ils s'en sortent. Dans ce deuxième volet, un très bon casting vient aussi renforcer cette intensité, notamment Robert Carlyle, Rose Byrne ou Jeremy Renner. 
 
 
D'un registre assez différent de 28 semaines plus tard, plus proche des films de zombies classiques (violence et horreur omniprésentes, course continuelle pour échapper aux contaminés...), 28 semaines plus tard n'en reste pas moins un très bon film, dans la lignée du premier volet, en ce qu'il s'intéresse là aussi aux comportements humains face à la Catastrophe de manière encore plus pessimiste.  Je n'en dirai pas plus à ce sujet, au risque de raconter trop de choses, mais il est vrai qu'àsituation désespérée décisions désespérées, plus que monstrueuses et pragmatiques, souvent de mise dans de véritables catastrophes, malheureusement...
 
 
J'attends maintenant le troisième volet, 28 mois plus tard, de nouveau réalisé par Danny Boyle, dont le tournage devrait commencer en 2012, mais si cela reste à l'heure actuelle une belle arlésienne. On verra bien...

 
 

28 jours plus tard (Danny Boyle)

 
Dans un hôpital de Londres, Jim se réveille de son coma et découvre une situation chaotique auquel il ne risquait pas de s'attendre : vingt-huit jours auparavant, un groupe de défenseurs d'animaux a libéré des singes à qui l'on avait inoculé un virus extrêmement virulent, transformant les êtres touchés (par le sang ou par la salive) en des espèces de zombies (techniquement, ils ne sont pas morts, mais ont le même comportement) ne pensant qu'à se repaître de chair humaine.
C'est à sa sortie de l'hôpital que le jeune homme voit l'ampleur des dégâts (la capitale anglaise est déserte) même s'il ne sait toujours pas ce qui est arrivé. La rencontre avec des contaminés va lui faire prendre conscience de la situation et lui permettre de s'allier avec d'autres survivants, Marc et Selena, qui vont lui raconter ce qu'il s'est passé.
Avec cette alliance, garante de leur survie, Jim va découvrir le meilleur comme le pire sur l'espèce humaine au cours de son périple à la recherche de survivants supplémentaires...
 
 
28 jours plus tard est un film que j'ai déjà vu il y a quelques années, mais que j'avais envie de revoir parce que c'est toujours un plaisir (ou presque) de se regarder une réalisation de Danny Boyle, et aussi parce que j'ai un beau challenge zombie sur le feu !

Ce que je retiens principalement de ce film, c'est que, même s'il n'est pas considéré par tout le monde comme un film de zombies, il ne fait qu'en renouveler le genre (comme ça a déjà été le cas avec les vampires en littérature) : en effet, l'idée de virus est bien toujours présente, de même les contaminés se nourissent d'êtres humains de la même façon. Malgré certains éléments moins classiques comme la mort avant la transformation, ou la rapidité accrue, guère de différences donc. 

Ce renouvellement se remarque quant aux contaminés, mais aussi et surtout quant aux personnages et à l'atmosphère même du film : c'est aux êtres humains que Danny Boyle s'intéresse ici, à leurs réactions et à leurs comportements face à une catastrophe de ce type. De ce fait, l'intrigue et les moyens mis en oeuvre pour survivre sont très réalistes et cohérents : pas de scènes spectaculaires ou invraisemblables, justes des survivants qui se défendent avec ce qu'ils ont, face aux contaminés mais aussi face aux autres survivants, et qui se découvrent des facultés inattendues pour protéger les autres. Car c'est dans la relation aux autres que se forge l'intérêt de 28 jours plus tard, en montrant comment une situation désespérée peut entraîner des comportements plus que monstrueux, et pas toujours seulement pour survivre...

Côté réalisation, cette atmosphère est vraiment bien rendue par une alternance de scènes lentes, sans contaminés, où les personnages progressent pour atteindre leurs objectifs, et des scènes ultrarapides, où ils doivent au contraire affronter les contaminés, voire des survivants, tant bien que mal. De même, une alternance entre journée et nuit, ville et campagne, faite tout au long du film, renforcent encore ces différences de vitesse et les notions de danger/de répit mis en jeu selon les moments. Danny Boyle met donc parfaitement en scène ce qu'il veut décrire, bien secondé par les acteurs, notamment Cillian Murphy, Naomie Harris ou Christopher Eccleston.  

 
Un excellent film, toujours aussi agréable à revoir ! Je passe bien sûr bientôt à la suite, 28 semaines plus tard.

 
Petite parenthèse de dernière minute : mes souvenirs du film m'avaient déjà interpellé, mais en le revoyant, et en vérifiant la date de sortie, je me dis qu'on sait de qui Robert Kirkman s'est inspiré pour Walking Dead. La mise en route de l'intrigue est en effet étrangement similaire, de même que certains personnages rencontrés vers le milieu du film, voire l'atmosphère générale qui insiste davantage sur la description des comportements humains face à la Catastophe... Heureusement que c'est seulement une inspiration de départ et que le comic a évolué bien différemment depuis !