Synopsis Allociné :" En 1912, le collectionneur allemand Wilhelm Uhde, premier acheteur de
Picasso et découvreur du douanier Rousseau, loue un appartement à Senlis
pour écrire et se reposer de sa vie parisienne. Il prend à son service
une femme de ménage, Séraphine, 48 ans. Quelque temps plus tard, il
remarque chez des notables locaux une petite toile peinte sur bois. Sa
stupéfaction est grande d'apprendre que l'auteur n'est autre que
Séraphine. S'instaure alors une relation poignante et inattendue entre
le marchand d'art d'avant-garde et la femme de ménage visionnaire."
Au début du film, j'ai eu peur de m'ennuyer parce qu'il ne se passait pas grand chose. Et puis Séraphine est apparue : je me suis vite attachée à elle, à son histoire et à la façon dont son talent pictural hors du commun éclot grâce à sa rencontre avec Whilhelm. Yolande Moreau est incroyable dans ce rôle, vraiment touchante, me montrant une facette d'actrice que je ne lui connaissais pas encore.
Quant à la réalisation du film, elle m'a particulièrement plu, à la fois sobre par sa mise en scène et éclatante par sa photographie, qui met bien en lumière les œuvres de Séraphine.
Ce film m'a en tout cas donné envie d'en découvrir davantage sur cette artiste peintre que je ne connaissais que de nom, autant pour l'originalité de son travail que pour sa vie tout aussi belle que tragique.
Acteurs :Christian Bale (James Graham/Jim), John Malkovich (Basie), Miranda Richardson (Mme Victor), Nigel Havers (le docteur Rawlins), Joe Pantoliano (Frank Demarest), Masatô Ibu (le sergent Nagata), Emily Richard (la mère de Jim),Rupert Frazer (le père de Jim).
Scénario : d'après l’œuvre de James Graham Ballard (également au scénario), Tom Stoppard et Menno Meyjes.
Synopsis Allociné :"En 1941, la concession internationale de Shanghaï semble ignorer tout de
l'occupation japonaise du reste du pays. James Graham, jeune fils d'un
industriel britannique, y vit une existence protégée et pleine
d'aventures imaginaires. Mais l'attaque de Pearl Harbour marque la fin
de cet état de grâce, et James se retrouve séparé de sa famille.
Condamné au statut d'errant, il se retrouve finalement emprisonné dans
un camp de prisonniers où il doit apprendre à survivre..."
Je ne savais pas du tout à quoi m'attendre en regardant ce film donnant une vision plutôt originale de la Seconde Guerre Mondiale : nous sommes en effet rarement face au point de vue oriental de cette guerre, encore moins celui des anglais, américains... présents en très grand nombre à l'époque en Chine dans les concessions internationales et amenés dans des camps de prisonniers japonais.
J'ai été vraiment impressionnée par ce que j'ai visionné, surtout grâce à la performance incroyable de Christian Bale.
Il campe ici le rôle d'un jeune garçon curieux, épris d'aventures, de liberté et de justice - je lui ai d'ailleurs trouvé quelque chose de Tom Sawyer, que j'ai lu récemment, en peut-être plus cultivé et donc parfois plus réfléchi - , qui découvre bien malgré lui que le monde dans lequel il pensait vivre est loin d'être aussi parfait que ce que laissait sous-entendre sa vie idéale dans la villa familiale de Shanghaï. Néanmoins, il affronte la guerre et le camp de prisonniers avecbonne humeur, espoir etvivacité d'esprit, parfois communicatifs pour ses compagnons, parfois exaspérants.
Il porte, grâce à ce rôle, le film sur ses épaules avec brio -même s'il reste bien secondé par John Malkovich, yankee opportuniste et particulièrement cynique face à la situation, qui décide d'aider le jeune garçon malgré tout.Ce duodonne beaucoup de fraîcheur et de poésie (surtout les scènes où Jim se fait happer par son imagination, comme n'importe quel enfant) au récit d'une situation pourtant désespérée et inhumaine, sans pour autant minimiser ce que cette situation sous-tend (maladies, manque de nourriture, violences, travaux forcés...).
J'ai donc trouvé qu'Empire du Soleil était un très beau film, qui raconte vraiment différemment la guerre grâce au regard à la fois naïf et réfléchi d'un enfant qui découvre brusquement la violence et la cruauté de ses semblables, et qui doit s'adapter en conséquence pour survivre.
Acteurs : Simon Pegg (Nicholas Angel), Nick Frost (Danny Butterman), Jim Broadbent (Frank Butterman), Timothy Dalton (Simon Skinner)...
Scénario : Edgar Wright, Simon Pegg.
Synopsis Allociné :"A Londres, le policier Nicholas Angel est le meilleur de son équipe.
Tellement bon qu'il fait passer ses collègues pour de simples gardiens
de la paix. Le chef de la brigade décide donc de le "promouvoir" dans le
petit village de Sandford, où il ne se passe rien. Aux côtés du
policier local Danny Butterman qui rêve de devenir Mel Gibson, Nicholas
règle quelques contraventions sans grand intérêt. Une série de crimes
étranges va le remettre dans l'action...
"
Après Shaun Of The Dead, Hot Fuzz est le deuxième volet de la trilogie Blood and Ice Cream (ou Three Flavours Cornetto Trilogy) réalisée par Edgar Wright, écrite également par lui et Simon Pegg, et dont les personnages principaux sont joués par Simon Pegg et Nick Frost. Pourquoi ce nom ? Parce que dans chaque film, nous voyons les personnages manger un ou plusieurs Cornetto de couleurs différentes, tout simplement... Ces couleurs font d'ailleurs référence à une autre trilogie cinématographique, celle des Trois couleurs, réalisée par Krzysztof Kieślowsk dans les années 1990. D'emblée, le sérieux n'est donc pas de mise, ce qui se confirme au regard de ces deux premiers films sortis au cinéma (le dernier est prévu pour 2013) : Shaun Of The Dead parodie en effet les films de zombies tandis qu'Hot Fuzz s'en prend plutôt aux films policiers/action.
Le début du film est de ce principe on ne peut plus banal : Nicholas Angel est un super flic de Londres, tellement bon qu'il se fait muter par ses chefs dans le fin fond de la campagne anglaise, à Sandford. Ils en ont en fait assez de passer pour des branques face à toutes ses actions de bravoure. Il se retrouve donc dans un autre monde, où il doit, en tant qu'agent de police, faire régner l'ordre en mettant à la porte du pub tous les ados qui ne sont pas majeurs, récupérer un cygne qui s'est échappé du parc de son propriétaire... Bref, tout sauf des actions de bravoure. Dans cette première partie, nous découvrons aussi, en même temps que Nicholas, la nouvelle équipe dans laquelle il a été affecté : des inspecteurs pas bien malins à la Dupont et Dupond, des gardiens de la paix guère mieux, dont l'un d'eux, Danny (qui est aussi le fils du capitaine de la brigade, Franck, d'un flegme impressionnant), est fasciné par les films d'action emplis de super flics comme Point Break, Bad Boys et j'en passe.
Cette partie est surtout drôle par rapport à la situation grotesque dans laquelle se trouve Nicholas et le choc des cultures entre mégalopole et village qu'elle entraîne : les missions attribuées aux policiers ridicules, bien sûr, mais aussi les façons dont ceux-ci s'en occupent, tout aussi ridicules.
Et puis, brusquement, des crimes, que tout le monde considère comme des accidents, commencent à fleurir dans le village. Le film devient alors du grand n'importe quoi, parodiant les films cités précédemment en en faisant encore plus des tonnes (oui, c'est possible) quant à la résolution de l'enquête et à la scène d'action finale habituelle. Et bien sûr, après en avoir fait des tonnes, les scènes tombent toujours à plat, soit grâce à des punchlines débiles ou prévisibles - petite précision : ce qu'on appelle punchline est une réplique, dans un film d'action, qui fait mouche et dont on se souvient forcément, par exemple "Hasta la vista baby" dans Terminator 2 ou "Yippie-Kay-yee, pauvre con" dans Die Hard -, soit parce qu'elles se finissent vraiment bêtement. Nous sommes vraiment dans la parodie puisque tous les poncifs de ce genre cinématographique sont poussés à leur extrême jusqu'à en devenir risibles.
J'ai trouvé Hot Fuzz franchement génial après coup : c'est la deuxième fois que je le regarde et la première fois avait plutôt été une déception. Je pense que cette première déception s'explique parce qu'après Shaun Of The Dead (que j'ai malgré tout préféré), je ne m'attendais pas du tout à ça. Je ne regrette donc pas d'avoir voulu le revoir, parce que j'ai ri comme une bossue pendant deux heures.
A voir et à revoir si vous aimez les films parodiques et/ou pour le duo Simon Pegg/Nick Frost que personnellement j'adore !
Acteurs : Daniel Craig (James Bond), Judi Dench (M), Javier Bardem (Raoul Silva), Ralph Fiennes (Gareth Mallory), Naomie Harris (Eve)...
Scénario :d'après l’œuvre de Ian Fleming; Neal Purvis, Robert Wade et John Logan.
Synopsis Allociné :" Lorsque la dernière mission de Bond tourne mal, plusieurs agents
infiltrés se retrouvent exposés dans le monde entier. Le MI6 est
attaqué, et M est obligée de relocaliser l’Agence. Ces événements
ébranlent son autorité, et elle est remise en cause par Mallory, le
nouveau président de l’ISC, le comité chargé du renseignement et de la
sécurité. Le MI6 est à présent sous le coup d’une double menace,
intérieure et extérieure. Il ne reste à M qu’un seul allié de confiance
vers qui se tourner : Bond. Plus que jamais, 007 va devoir agir dans
l’ombre. Avec l’aide d’Eve, un agent de terrain, il se lance sur la
piste du mystérieux Silva, dont il doit identifier coûte que coûte
l’objectif secret et mortel… "
Ce nouveau volet de James Bond est tout bonnement excellent. Les 2h20 passent très vite, mêlant avec brio scènes d'action à l'ancienne très bien réalisées et scènes faisant avancer l'histoire avec beaucoup de cohérence et d'intérêt.
De plus, l'histoire est vraiment intéressante, nous mettant face à une situation inattendue pour l'agent 007, qui a bien du mal à être au meilleur de sa forme et de ses capacités pour diverses raisons. Elle est encore bien sombre et violente, ce qui a toujours été le cas avec la venue de Daniel Craig dans le rôle de l'espion le plus célèbre de tous les temps.
Il est d'ailleurs toujours parfait dans son rôle, associant classe, violence etcynisme. Il est aussi plutôt bien accompagné par Javier Bardem, qui fait encore preuve de beaucoup de talent en interprétant un criminel plus qu'original et fou : j'ai adoré son personnage ! Naomie Harris est aussi bien sympathique comme coéquipière de Bond. J'ai enfin beaucoup apprécié la place que prend M, interprétée par Judi Dench, dans ce film, qui n'en est que plus riche et intéressant.
Et comme d'habitude, des clins d'œil vraiment appréciables faits aux précédents filmsapparaissent toujours aux bons moments pour rendre les situations un peu moins dramatiques.
Un simple petit bémol : dans certains passages, il manque peut-être certaines informations, que l'on comprend certes vite, mais qui perturbent pendant quelques instants tout de même.
Je ne regrette donc pas ma séance cinéma : Skyfall est encore un très bon James Bond, qui remplit parfaitement son rôle de film d'espionnage, avec toujours cette nouvelle fraîcheur donnée au personnage par l'interprétation de Daniel Craig.
Acteurs :James McAvoy, Michael Fassbender, Kevin Bacon, Jennifer Lawrence, January Jones, Rose
Byrne...
Scénario : Matthew Vaughn, Bryan Singer,
Sheldon Turner, Ashley Edward Miller...
Synopsis Allociné :"Avant
que les mutants
n’aient révélé leur existence au monde, et avant que Charles Xavier
et Erik Lehnsherr ne deviennent le Professeur X et Magneto, ils
n’étaient encore que deux jeunes hommes découvrant leurs
pouvoirs pour la première fois. Avant de devenir les pires ennemis,
ils étaient encore amis, et travaillaient avec d’autres mutants pour
empêcher la destruction du monde, l’Armageddon. Au cours
de cette opération, le conflit naissant entre les deux hommes
s’accentua, et la guerre éternelle entre la Confrérie de Magneto et les
X-Men du Professeur X éclata…"
J'ai enfin osé regardé X-Men Le commencement, ce qui n'était pas gagné après la déconvenue du troisième
volet des X-Men : mais pourquoi Bryan Singer est-il allé réaliser Superman returns plutôt que de réaliser celui-ci ? Ce film m'a en tout cas dégoûtée un petit moment de la série de
comics Marvel qui a ma préférence depuis des années.
A force d'entendre en boucle dans mon entourage que ce nouveau volet n'avait rien à voir, et puis de savoir que
Matthew Vaughn (Layer Cake, Kick-Ass) était aux commandes, je me suis enfin lancée...
Et j'ai eu vraiment raison : comme c'est agréable de regarder un film cohérent, qui n'en fait pas des tonnes
pour les scènes d'action au détriment de l'intrigue, avec des personnages qui tiennent la route !
L'idée
de départ est vraiment intéressante : revenir sur la création des X-Men
est plus que bienvenue, même si
le choix des personnages présents dans le film est discutable. Je
pense surtout à Emma Frost, qui est la deuxième compagne de Scott
Summers (Cyclope) après la disparition de Jean Grey : elle
n'est donc normalement pas du tout présente à ce moment de
l'histoire. Ce n'est de toute façon pas le seul ajout de personnages, et
il en manque d'autres importants. Mais dans l'ensemble,
l'esprit des comics reste respecté, même si tout n'est pas forcément
fidèle : on retrouve d'ailleurs l'esprit des deux très bons premiers
volets réalisés par Bryan Singer (forcément, celui-ci est
de retour au scénario !)
L'histoire
est également bien pensée par son rapprochement plausible avec la crise
des missiles à Cuba de 1962 :
j'ai trouvé cela vraiment intelligent de créer ce rapprochement avec
un évènement historique réel pour donner un peu plus de hauteur au
scénario.
La
réalisation est par ailleurs plus vraisemblable et agréable à regarder,
notamment pour les scènes de combat :
très sobre mais efficace, ce qui fait qu'on y croit un minimum (bon,
ce sont des mutants aux super-pouvoirs, d'accord, mais quand même...)
et qu'on ne passe pas son temps à essayer de comprendre
qui fait quoi.
Et
surtout, les combats passent au second plan, puisque tout l'intérêt du
film repose sur la progression de la
scission qui se forme entre Erik/Magneto et Charles/Professeur
Xavier quant à leur façon d'aborder le "problème" mutant, jusqu'à la
rivalité et l'affrontement. D'ailleurs, Michael Fassbender et
James McAvoy, respectivement Magneto et le Professeur Xavier, ont
été vraiment bien choisis pour incarner ces personnages : ils permettent
vraiment de donner corps à l'évolution de ces deux
leaders, afin de mieux comprendre l'origine des X-Men.
Dernière chose que j'ai vraiment appréciée : les différents clins d'oeil faitstout au long du film,autant
aux
comics qu'aux adaptations ciné qui précédaient, clins d'oeil bien
drôles que je vous laisse bien sûr découvrir si vous ne l'avez pas
encore visionné.
X-Men Le commencement est donc un excellent film, qui se laisse regarder avec beaucoup de plaisir et
qui me réconcilie enfin avec les adaptations ciné de ma série comics préférée de Marvel !
Acteurs :Javier Bardem, Maricel Alvarez, Eduard Fernandez, Diaryatou Daff, Cheick N'Diaye, Taisheng Cheng, Luo
Jin...
Scénario : Armando Bo, Alejandro Gonzalez
Inarritu, Nicolas Giacobone.
Je suis une grande admiratrice d'Inarritu, et ce depuis son premier film, Amours chiennes
(2000) que
j'avais vu au ciné avec ma prof d'espagnol alors que j'étais au
lycée. Malgré tout, même si j'ai toujours trouvé sa réalisation à la
fois soignée et percutante et les scénarii intéressants, j'ai
fini aussi par avoir l'impression que le concept qui était présent
dans tous ses films (destins croisés de plusieurs personnages qui, après
être présentés séparément, finissent par presque tous
se rencontrer par hasard, de manière plus ou moins tragique)
commençait malheureusement à s'essoufler.
Justement, dans Biutiful,
un seul personnage est vraiment central, même si beaucoup d'autres
gravitent
autour de lui (famille, amis, collègues de travail...) : Uxbal, qui
vit dans les quartiers pauvres de Barcelone et qui fait ce qu'il peut
pour donner une vie décente à ses enfants depuis qu'il
est séparé de sa femme maniaco-dépressive. Cet homme a une
particularité étrange : il est sensible à la présence des âmes des
morts, parvenant ainsi à gagner un peu d'argent en donnant le repos à
celles-ci avant les enterrements. De manière plus terre à terre, il
est aussi celui qui trouve du travail sur des chantiers de construction à
des clandestins nouvellement arrivés en Espagne.
Entre ces deux "métiers", une découverte tragique va lui faire
prendre conscience de la fugacité de son existence et du long chemin qui
lui reste à parcourir afin d'être en paix avec le monde qui
l'entoure et lui-même...
Malgré
ce scénario assez classique, Inarritu a réussi à faire de son film un
très grand film : la réalisation et
la photographie sont de toute beauté, de même que la bande
originale, le tout collant parfaitement à l'atmosphère mélancolique de
l'histoire et créant aussi un sacré contraste avec
l'environnement glauque et terne dans lequel évolue Uxbal.
L'interprétation de Javier Bardemest plus qu'incroyable,
puisque la
totalité du film repose sur ses épaules. Il s'en sort de manière
remarquable, en nous faisant vivre en sa compagnie, avec force et
délicatesse, la progression de son personnage vers la
rédemption qu'il cherche à atteindre : il a vraiment mérité son prix
à Cannes !
J'ai
été vraiment touchée par cette histoire tour à tour banale et poétique,
brutale et sensible, oppressante et
légère..., vécue par un homme qui choisit de donner un nouveau sens à
sa vie avant sa mort, notamment en permettant à son âme de trouver le
repos qu'il a lui a même trouvé pour d'autres...
Biutiful est donc un film à voir sans hésitation, même s'il est à éviter en grosse période de déprime :
il est très éprouvant, et c'est ce qui le rend si beau et si difficile à regarder en même temps !
Deuxième grand classique du cinéma américain que je regarde en peu de temps après Casablanca, Citizen Kane
revient sur la vie d'un éminent personnage fictif, Charles
Foster Kane, magnat de la presse, après sa mort qui a lieu dans des
circonstances étranges et qui donne lieu à des dernières paroles tout
aussi étranges : "Rosebud". Pour comprendre le sens de
ces dernières paroles, et faire la lumière sur le personnage
qu'était Kane, un journaliste, Thompson va enquêter sur lui en
rencontrant son entourage.
C'est sur ce scénario très simple que se construit un film qui est, malgré un seul visionnage, déjà devenu pour
moi un monument à ne pas rater.
Cette
enquête prend d'abord une allure tout à fait intéressante en ce qu'elle
interroge des personnes bien
différentes les unes des autres, donnant donc une image à chaque
fois bien différente de Kane selon l'évènement raconté et la relation
entretenue avec lui (amitié, inimitié, amour devenu haine,
pitié...) : de ce fait se forme non pas une réalité, mais une
véritable légende (de l'ascension fulgurante à la chute ) autour de ce
personnage charismatique. Justement, ce charisme est tout à
fait mis à l'honneur grâce à la superbe interprétation d'Orson
Welles, jouant à la perfection ce personnage qui devient comme
légendaire au fil des histoires racontées.
Quant à la réalisation, elle est, comme Casablanca,
incroyablement moderne pour l'époque de tournage
(1941), tout en variété de plans extrêmement vivants et de répliques
qui tombent juste et sont filmées de la meilleure façon pour prendre le
maximum de force.
Citizen Kane est donc un autre de ces classiques à ne manquer sous aucun prétexte, autant pour sa
modernité que pour la prestation phénoménale de son réalisateur/acteur principal, Orson Welles.
"A Casablanca, pendant la Seconde Guerre mondiale (le Maroc est alors contrôlé par le gouvernement de Vichy), le
night-club le plus couru de la ville est tenu par Rick
Blaine, un Américain en exil. Mais l'établissement sert également de
refuge à ceux qui voudraient se procurer les papiers
nécessaires pour quitter le pays. Lorsque Rick voit débarquer un
soir le dissident politique Victor Laszlo et son épouse Ilsa, quelle
n'est pas sa surprise de retrouver dans ces circonstances le
grand amour de sa vie..."
Casablanca
est un de ces grands classiques (d'ailleurs il faudrait que j'en fasse
une liste) que je
voulais voir depuis des années sans prendre le temps de sauter le
pas. C'est désormais chose faite, et franchement, quel regret de ne pas
l'avoir visionné avant, ce film est tout bonnement
grandiose !
Dès
les premières minutes, je n'ai pas eu du tout l'impression de voir un
film datant de 1942 : dans cette
situation, on s'attend toujours à voir une réalisation assez fixe,
avec beaucoup de gros plans sur les acteurs principaux et des scènes
d'action qui manquent souvent de vigueur. Ce n'est ici pas
du tout le cas puisque les scènes sont extrêmement dynamiques, ce
dynamisme étant d'ailleurs renforcé par des répliques vraiment bien
choisies, qui semblent couler de source - rendant le tout
d'un naturel bienvenu -. D'emblée, la réalisation est donc
résolument moderne et agréable : les 1h40 passent très vite !
Que
dire ensuite du casting ? Humphrey Bogart et Ingrid Bergman sont
magistraux : l'un dans le rôle de Rick
Blaine, un propriétaire de night-club désabusé, qui cherche par
dessus tout à oublier la femme dont il est tombé amoureux quelque temps
plus tôt à Paris (juste avant la prise de la ville par les
nazis); l'autre dans celui d'une femme,Ilsa Lund,
mariée à l'un des grands dissidents de l'Allemagne nazie qui doit fuir
de Casablanca pour continuer la résistance -
justement la femme dont est amoureux Rick, cet amour étant bien sûr
réciproque. Avec eux, la création, à mon sens, d'un des couples les plus
mythiques du cinéma, tiraillé entre la passion et la
nécessité de se comporter de manière juste pour espérer combattre
l'Allemagne. De ce conflit entre l'amour et la raison naissent des
répliques géniales, parfaites pour le retranscrire et donner
au film toute son intensité.
Dernier élément important, là aussi présenté de très belle manière : tourné en pleine
Seconde Guerre Mondiale, Casablanca est une ode à la
révolte contre l'Occupation et l'injustice qui en découle, ode
symbolisée par la Marseillaise, le chant par excellence de
dénonciation de la tyrannie à toutes les époques et dans tous les
pays. La fin du film ne fait d'ailleurs que renforcer cette idée qui
devient centrale au fur et à mesure de l'avancée de
l'intrigue, faisant passer les désirs personnels au second plan,
après la sauvegarde de la liberté de tous.
Un
film magnifique, moderne (il n'a en effet pas pris une ride), avec une
histoire d'amour mémorable, belle et
émouvante, des scènes d'anthologie qui ne s'oublient pas (je suis
restée scotchée devant la scène de la Marseillaise d'ailleurs), des
acteurs époustouflants, et une atmosphère incroyable. Je n'ai
qu'un conseil : si vous n'avez pas encore vu Casablanca, n'hésitez pas !
28
semaines après l'arrivée du virus qui a ravagé Londres et la
Grande-Bretagne, les contaminés sont morts de faim et la
catastrophe semble éradiquée. La capitale anglaise se reconstruit,
avec l'aide des troupes américaines, dans certains secteurs de la ville
nettoyés.
C'est
dans ce contexte que Don, régisseur d'un des immeubles de la
reconstruction, parvient à faire revenir ses enfants, Tammy
et Andy, d'Espagne (ils y avaient été envoyés pour être protégés de
l'épidémie). Après leur avoir difficilement annoncé la mort de leur
mère, Alice, qu'il n'a pas réussi à sauver, ils essaient
tant bien que mal de reprendre une vie normale. Jusqu'au moment
où...
28 semaines plus tard
s'intéresse plus particulièrement, dans la première partie du film, au
retour de la civilisation
après le chaos perpétré par le virus. Les contaminés sont tous
morts, la population survivante se réhabitue à la vie en société et au
confort. L'optimisme est de retour, comme le montrent la
réalisation et la photographie (tout est lumineux, les images sont
filmées de manière très apaisée).
Puis
tout bascule dans un contraste vertigineux en un seul instant : triste
retour à la réalité, avec la nuit et les contaminés.
Violence insoutenable, course contre la montre pour survivre et
s'échapper de la capitale mise en quarantaine omniprésente dans des
plans saccadés et très rapides : certaines scènes sont en effet
vraiment oppressantes, comme dans tout bon film d'horreur, et ceci
jusqu'aux dernières minutes.
Juan
Carlos Fresnadillo manie très bien à mon sens ce passage d'un extrême à
l'autre, donnant à son film une sacrée intensité :
à partir de sa deuxième moitié, on reste vraiment collé à son
canapé, à attendre de voir ce qu'il va arriver aux survivants et espérer
qu'ils s'en sortent. Dans ce deuxième volet, un très bon
casting vient aussi renforcer cette intensité, notamment Robert
Carlyle, Rose Byrne ou Jeremy Renner.
D'un registre assez différent de 28 semaines plus tard, plus proche des films de zombies classiques (violence et
horreur omniprésentes, course continuelle pour échapper aux contaminés...), 28 semaines plus tard
n'en reste pas moins un très bon film, dans la lignée du premier volet,
en ce qu'il
s'intéresse là aussi aux comportements humains face à la Catastrophe
de manière encore plus pessimiste. Je n'en dirai pas plus à ce sujet,
au risque de raconter trop de choses, mais il est
vrai qu'àsituation désespérée décisions désespérées, plus que
monstrueuses et pragmatiques, souvent de mise dans de véritables
catastrophes, malheureusement...
J'attends maintenant le troisième volet, 28 mois plus tard, de nouveau réalisé par Danny Boyle, dont le tournage
devrait commencer en 2012, mais si cela reste à l'heure actuelle une belle arlésienne. On verra bien...
Dans
un hôpital de Londres, Jim se réveille de son coma et découvre une
situation chaotique auquel
il ne risquait pas de s'attendre : vingt-huit jours auparavant, un
groupe de défenseurs d'animaux a libéré des singes à qui l'on avait
inoculé un virus extrêmement virulent, transformantles êtres touchés (par le sang ou par la salive) en des espèces de zombies (techniquement, ils ne sont pas morts, mais ont le
même comportement) ne pensant qu'à se repaître de chair humaine.
C'est
à sa sortie de l'hôpital que le jeune homme voit l'ampleur des dégâts
(la capitale anglaise
est déserte) même s'il ne sait toujours pas ce qui est arrivé. La
rencontre avec des contaminés va lui faire prendre conscience de la
situation et lui permettre de s'allier avec d'autres
survivants, Marc et Selena, qui vont lui raconter ce qu'il s'est
passé.
Avec cette alliance, garante de leur survie, Jim va découvrir le meilleur comme le pire sur
l'espèce humaine au cours de son périple à la recherche de survivants supplémentaires...
28 jours plus tard
est un film que j'ai déjà vu il y a quelques années, mais que j'avais
envie de
revoir parce que c'est toujours un plaisir (ou presque) de se
regarder une réalisation de Danny Boyle, et aussi parce que j'ai un beau
challenge zombie sur le feu !
Ce
que je retiens principalement de ce film, c'est que, même s'il n'est
pas considéré par tout le monde comme un
film de zombies, il ne fait qu'en renouveler le genre (comme ça a
déjà été le cas avec les vampires en littérature) : en effet, l'idée de
virus est bien toujours présente, de même les contaminés
se nourissent d'êtres humains de la même façon. Malgré certains
éléments moins classiques comme la mort avant la transformation, ou la
rapidité accrue, guère de différences donc.
Ce
renouvellement se remarque quant aux contaminés, mais aussi et surtout
quant aux personnages et à
l'atmosphère même du film : c'est aux êtres humains que Danny Boyle
s'intéresse ici, à leurs réactions et à leurs comportements face à une
catastrophe de ce type. De ce fait, l'intrigue et les
moyens mis en oeuvre pour survivre sont très réalistes et cohérents :
pas de scènes spectaculaires ou invraisemblables, justes des survivants
qui se défendent avec ce qu'ils ont, face aux
contaminés mais aussi face aux autres survivants, et qui se
découvrent des facultés inattendues pour protéger les autres. Car c'est
dans la relation aux autres que se forge l'intérêt de 28
jours plus tard, en montrant comment une situation désespérée
peut entraîner des comportements plus que monstrueux, et pas toujours
seulement pour survivre...
Côté
réalisation, cette atmosphère est vraiment bien rendue par une
alternance de scènes lentes, sans
contaminés, où les personnages progressent pour atteindre leurs
objectifs, et des scènes ultrarapides, où ils doivent au contraire
affronter les contaminés, voire des survivants, tant bien que
mal. De même, une alternance entre journée et nuit, ville et
campagne, faite tout au long du film, renforcent encore ces différences
de vitesse et les notions de danger/de répit mis en jeu selon
les moments. Danny Boyle met donc parfaitement en scène ce qu'il
veut décrire, bien secondé par les acteurs, notamment Cillian Murphy,
Naomie Harris ou Christopher Eccleston.
Un excellent film, toujours aussi agréable à revoir ! Je passe bien sûr bientôt à la suite, 28 semaines plus
tard.
Petite parenthèse de dernière minute : mes souvenirs du film m'avaient déjà interpellé, mais en le revoyant, et
en vérifiant la date de sortie, je me dis qu'on sait de qui Robert Kirkman s'est inspiré pour Walking Dead.
La mise en route de l'intrigue est en effet étrangement similaire, de
même que
certains personnages rencontrés vers le milieu du film, voire
l'atmosphère générale qui insiste davantage sur la description des
comportements humains face à la Catastophe... Heureusement que
c'est seulement une inspiration de départ et que le comic a évolué
bien différemment depuis !