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Les contes macabres (Edgar Allan Poe / Benjamin Lacombe)

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Voici le premier volume que j'ai acheté et, donc lu, de Benjamin Lacombe : quoi de plus normal, sachant qu'il illustre des nouvelles d'Edgar Allan Poe, pour moi le maître de la nouvelle fantastique, voire de la nouvelle tout court.
 
Ce sont les traductions de Charles Baudelaire qui ont été choisies pour cet ouvrage. Seul regret avec ces traductions, bien qu'elles soient illustres : elle sont trop baudelairiennes à mon goût, ce qui fait que l'on perd un peu de vue l'écriture de Poe derrière celles-ci - elles n'en restent bien sûr pas moins excellentes - . Cela me ramène toujours au Corbeau et à ses diverses versions, celle de Charles Baudelaire, celle de Stéphane Mallarmé et celles plus "neutres" et plus récentes : où l'on remarque que certains écrivains ne peuvent s'empêcher d'instiller leur propre plume à leurs traductions !
 
Quant au choix des nouvelles, rien à dire : les plus célèbres comme "Le chat noir", "Le portrait ovale" ou "La chute de la maison Usher" ont été bien sûr sélectionnées, mais des bijoux de rêverie plus méconnus comme "L'île de la fée" ont également été ajoutées. Dans tous les cas, pour qui ne connaît pas Poe, elles sont une bonne introduction à la découverte de son oeuvre car elles contiennent tous les thèmes qui lui sont chers et qui ont fait passer ses textes à la postérité - c'est sans compter bien entendu sur sa manière d'écrire, si particulière et reconnaissable entre mille - : la folie, la mort, l'amour, l'obsession...  
 
Après les nouvelles, l'introduction de Baudelaire revenant sur la vie et l'oeuvre de l'écrivain américain a été ajoutée : je dois dire que je ne l'avais jamais lue, et quelle découverte ! Dans cette introduction, le poète français décrit celui qui est devenu son ami au fil de leurs rencontres de manière extrêmement touchante, avec ce style torturé qui lui est propre : les faits sont ici transfigurés pour donner à Poe l'image d'un homme remarquable, bien qu'emporté trop tôt par ses démons dont l'alcool à outrance était une sorte de catalyseur.  
 
Les contes macabres est donc un magnifique volume qui donne une nouvelle image aux nouvelles : les illustrations de Benjamin Lacombe mettent parfaitement en valeur les intrigues, et l'on sent qu'il a tout fait saisi le sens et le style de ce génie qu'était Edgar Poe. J'ai donc redécouvert avec plaisir ces récits empreints de mystère et de poésie, accompagnés d'illustrations toutes plus belles les unes que les autres !
 

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Les nuits blanches d'Edimbourg (Barry Graham)



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Tout comme Régime sec chroniqué il y a quelques jours, Les nuits blanches d'Edimbourg est un ensemble de 17 nouvelles mi autobiographiques mi fictionnelles, dans lesquelles Barry Graham revient sur divers évènements de sa vie, notamment lorsqu'il vivait encore en Ecosse avant de s'installer aux Etats-Unis. Seule la première nouvelle, la plus longue et au titre éponyme, se passe à Phoenix, en Arizona, et elle est écrite bien postérieurement aux autres. 
 
Dans ces nouvelles, plus ou moins longues (de quelques pages à une centaine) se présentent deux cas de figure : soit l'auteur - et c'est le cas la plupart du temps - s'exprime à la première personne, soit c'est l'histoire d'autres personnages qu'il raconte à la troisième personne.
 
Selon ces deux cas, le style et l'intrigue des nouvelles sont totalement contraires : dans les récits plus personnels, l'histoire revient sur des moments clés d'une vie racontés avec beaucoup de sensibilité (pas toujours très fine, mais malgré tout présente) - la première nouvelle est d'ailleurs très touchante de ce point de vue - ; dans les autres, l'histoire est beaucoup plus prosaïque, violente, voire sordide, au point d'en être parfois oppressante - c'est le cas de la deuxième nouvelle, que j'ai trouvé assez horrible - . C'est ce que j'ai trouvé le plus intéressant, ce mélange entre deux types de récits bien différents selon la personne qui en est l'acteur principal.   
 
Les nuits blanches à Edimbourg a été une excellente lecture car Barry Graham, tout en suivant la lignée des grands auteurs de la contre-culture anglo-saxonne dans le genre utilisé (raconter des bribes plus ou moins fictionnelles de sa vie et du monde qui l'entoure dans des nouvelles), s'en démarque rapidement grâce à un style beaucoup plus original et travaillé.
 
Une excellente découverte, au même titre que Tony O'Neill lu il y a quelques mois. Je vais prochainement lire un autre de ses récits qui revient sur sa rencontre avec des condamnés à mort desquels il a assisté à l'exécution, Regarde les hommes mourir. 
 
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Régime sec (Dan Fante)

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Régime sec est un recueil de 8 nouvelles mi-autobiographiques mi-fictionnelles dans lesquelles Dan Fante revient sur son expérience de chauffeur de taxi à Los Angeles, un des multiples métiers qu'il a faits tout en écrivant tant bien que mal ses différents ouvrages.

Fante raconte en effet les différentes mésaventures qui sont arrivées à Bruno Dante - qui n'est autre que son alter ego - durant ses diverses courses dans la Cité des Anges, avec des clients tous plus barrés les uns que les autres. Ils laissent derrière leur marque dans l'esprit de notre chauffeur, alcoolique notoire, - et donc à peine mieux loti qu'eux - , et des histoires parfois drôles, parfois amères. Avec bien sûr, pour rendre ces histoires plus vraies que nature (même si la fiction est malgré tout palpable), un style simple, spontané et efficace. 
 
Régime sec fut une découverte ma foi fort agréable, comme j'aime. Mais je me suis sentie tout de même un peu déçue : j'avais entendu tellement de bien de Dan Fante, je m'attendais donc à quelque chose de plus particulier ; or c'est assez "typique" des écrivains du même acabit (Bukowski, Burroughs, etc.). Il manque juste une petite étincelle d'originalité pour que je puisse dire de cette lecture que c'est un coup de cœur...
Je réitérerai malgré tout l'expérience, parce je suis une  véritable inconditionnelle de cette littérature américaine qui prend aux tripes, avec beaucoup d’auto-dérision et de spontanéité ! 
 
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La salle de bain du Titanic (Véronique Ovaldé)

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Trois nouvelles qui racontent l'histoire de Vienna, à partir d'instants tout trois centrés sur un évènement qui s'est produit un été, alors qu'elle était enfant, et qui va changer sa vie à tout jamais...
 
Je n'en dirai pas plus sur l'histoire car nous sommes justement face à un recueil de nouvelles qui respecte bien les codes de ce genre, ce qui est parfois rare de nos jours : le récit avance progressivement, par touches de découvertes narratives. On commence à deviner quelle va être la fin sans en être sûr, jusqu'à la chute dans les dernières pages qui vient ajouter une fin inattendue (mais on a tout même vu juste quant à l'hypothèse de départ, un autre élément venant s'y imbriquer). C'est ce que j'ai notamment apprécié : tous les non-dits, les mots ou actions implicites qui prennent leur sens au fil , voire à la fin de la lecture, qui nous imposent une véritable réflexion quant à la suite et la fin. J'ai aussi particulièrement apprécié, grâce à ces non-dits et ces implicites, la pudeur qui se dégageait de ce recueil, pudeur qui devient franchement glauque et monstrueuse dans la deuxième nouvelle, quand on a compris quel était l'évènement déclencheur de tout le reste.
 
J'ai donc trouvé que c'était très bien amené et très intéressant narrativement, mais je n'ai vraiment pas aimé le style de Véronique Ovaldé. Toutes ces phrases sans fin, bourrées de ponctuation, d'énumérations sans grand intérêt parfois, m'ont gênée au fil de la lecture, au point de perdre de vue à certains moments l'intérêt du récit.
 
Une lecture intéressante, mais pas exceptionnelle, que je pense oublier rapidement. J'essaierai peut-être un roman de cette auteure à l'occasion, malgré tout...

Notre-Dame du Vide (Tony O'Neill)

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Pour présenter ce recueil de nouvelles mi-autobiographique, mi-fictionnel, je vais, plutôt que d'en faire un résumé rapide comme à mon habitude, mettre une vidéo  (disponible sur le site des éditions 13ème Note ainsi que sur YouTube) dans laquelle Tony O'Neill en fait lui-même sa présentation :
    

 
Notre-Dame du Vide parle d'un sujet qui m'a toujours intéressé au plus haut point en littérature : les addictions, diverses et variées, et leurs conséquences sur l'Homme. Je pourrais citer un nombre incommensurable d'oeuvres lues, allant du XIXème siècle jusqu'aujourd'hui, mais là n'est pas l'intérêt...
L'intérêt se situe avant tout pour moi dans le fait que ce type de récits raconte à la fois une expérience personnelle et universelle : dans la déchéance, celui qui raconte son histoire semble bien souvent devenir un homme parmi d'autres, perdant toute individualité au profit de son addiction.
 
C'est ce qui est justement bien mis en évidence par ces nouvelles de Tony O'Neill, qui met en parallèle sa propre expérience avec celle d'autres junkies qu'il a pu rencontrer au cours de son périple à Los Angeles. On passe ainsi de l'anecdote le concernant à celle d'un de ses compagnons de galère, d'une scène réelle à celle imaginée... Je trouve donc qu'on touche pleinement à ce que j'évoquais quelques lignes plus haut, rendant ce livre hautement intéressant à mes yeux.  
 
Pour cette raison, je relirai volontiers cet auteur, au contraire de William Burroughs Jr qui renvoie au même sujet(voir ma chronique ici). J'ai autant aimé son style d'écriture, à la fois réfléchi et spontané selon les passages(la traduction semble l'avoir reproduite le plus fidèlement possible)que ce mélange d'expériences, personnelle/universelle ou réelle/fictive. C'est ce qui donne à mon sens le maximum de cartes en main au lecteur pour comprendre ce qu'implique la vie d'un junkie, sans tomber à aucun moment dans la dramatisation, mais en passant au contraire par de la "légèreté" et de l'humour (assez noir malgré tout)pour parler d'une situation sombre dont il est difficile de s'échapper.
 
Voici un extrait, assez long, mais qui me semble significatif par ce qu'il met en jeu narrativement et stylistiquement :
 
Blotti dans mon placard, paralysé par la trouille et psychotisé par la coke, j'entends Susan quitter la chambre sur la pointe des pieds. Ensuite, je l'imagine qui longe le canapé du séjour où dorment Tori et Xavier, puis qui sort de l'appart et enfin de l'immeuble avant de gagner la voiture. A peine est-elle partie que je suis obsédé par cette idée : j'aurais dû l'accompagner. Putain, qu'est-ce que j'attends ici ? Pas moyen de réfléchir clairement. Je n'ai pas dormi plus de quatre heures depuis trois jours, je sens mes yeux vibrer dans leurs orbites, mon coeur cogner contre ma cage thoracique. Et si elle avait l'intention de m'abandonner ici ? Je peux vraiment croire à son retour ? Au fond de moi, je sais que si un dealer lui offre du crack en échange d'une fellation, elle dira oui et me laissera crever ici. Je suis le dernier des cons.
Oh, mon dieu.
Mon Dieu, fais qu'ils ne se réveillent pas. [...]
Dieu ? Voilà que tu pries Dieu, maintenant ?
Tu t'es écouté ?
OH, MON DIEU, S'IL TE PLAIT.
Ferme ta putain de gueule ! Tu sais que Dieu n'existe pas plus que le père Noël ou Notre Dame de Gaudalupe. Tu le sais, non ? T'en es sûr et certain ! T'as lu Nietzsche. Tu remplis tes veines de dope et ta tête de philo. Et la dope et la philo te disent la MEME PUTAIN DE CHOSE.
Que tu es seul.
Seul.
Seul avec cette pile de fringues sales et ce dealer de crack qui ronfle dans la pièce voisine et qui va te zigouiller s'il se réveille. Et où est Susan ? Partie trouver de l'héro. Et t'as décidé de rester là, sous une pile de fringues, en espérant que le dealer et sa gonzesse ne se réveillent pas.
Crétin !
Connard !
Tête de noeud !
Ne prie pas Dieu, enfoiré d'hypocrite ! Prie à ce que tu crois ! Adresse tes prières au vide ! Au néant ! A Notre Dame du Vide ! ADRESSE TES PRIERES AU VIDE.
Etendu là, j'essaie de repasser le film de ma vie jusqu'au moment précis où elle a mal tourné. Les larmes me piquent les yeux; plus que tout au monde, je voudrais me retrouver dans mon petit lit d'enfant. [...] Tout ce que je veux à cet instant, c'est tout ce que j'ai passé ma vie d'adulte à fuir.
Ma maison.
Ma maison.
Je veux rentrer à la maison.

La nuit ne dure pas (Olivier Martinelli)

9788493802776


 
 
Trois parties ("Fanzine", "Trafic", "Tourner mal"), trois récits à la première personne. Trois frères : Arthur, l'aîné, Seb, le benjamin et Dominic, le cadet. Un groupe de rock qui les réunit, ainsi qu'un de leurs amis : les Kid Bombardos. Un roman, La nuit ne dure pas, écrit par leur oncle, Olivier Martinelli, qui raconte leur "histoire" (on reste en effet dans un récit principalement fictionnel, les noms des membres du groupe ayant été transformés dans le roman). Cette histoire a comme matrices une passion commune, la musique, mais aussi la difficulté, pour chacun, de passer de l'adolescence à l'âge adulte, entraînant la prise de drogues pour Arthur, le désir de fuite pour Seb, l'envie de mourir pour Dominic.
 
Au départ, c'est à partir du site des éditions 13ème Note que je me suis intéressée à ce roman : sa présentation m'a donné envie de le lire. Ayant d'ailleurs lu différents textes publiés dans cette maison d’édition (voir les critiques de No Angel, de Tais-toi ou meurs, et de bien d'autres à suivre), je me suis demandée pour quelle raison Olivier Martinelli, seul écrivain français de leur catalogue, trouvait sa place au milieu d'écrivains principalement anglo-saxons, dignes descendants de la contre-culture américaine...

J'ai assez vite compris d'où venait cette place à la lecture des premières pages : l''écriture est vive, va au rythme effréné du rock dont elle dessine les contours. Ces contours se dessinent d'abord dans les noms de chapitres, chacun étant associé à des morceaux ou groupes divers et variés (The Velvet Underground, Bob Dylan, Miossec, Taxi Girl, The Strokes... et bien sûr Kid Bombardos). Ils se dessinent également dans les descriptions des instants, nombreux, où le groupe joue : on découvre le ressenti brut de chaque frère face à ce qu'ils jouent, selon la place occupée dans le groupe et dans la fratrie, et face à l'alchimie qui se crée entre leur musique, eux-mêmes et leur public.  L'on sent alors vraiment que cette passion pour le rock est bien une affaire de famille, puisque derrière les voix des frères apparaît aussi celle de l'oncle, qui rend par ces choix d'écriture un bel hommage au rock et à l'univers écorché vif qui en découle.  
Voici un extrait qui, dès les premières lignes du roman, met en évidence cette passion, selon le ressenti d'Arthur : " J'ai senti une profonde déchirure. De sourdes vibrations ont parcouru ma poitrine. Je me suis tourné vers Dominic. je n'ai pas eu besoin de mots. J'ai cru voir ses yeux se voiler. Seb s'est jeté dans notre dos en hurlant "Putain, c'est trop bien". Il avait le sourire jusqu'aux oreilles. Une mélodie céleste a déchiré le magma sonore. Une onde brûlante m'a caressé l'échine. Et j'ai su que je n'avais plus le choix. Mon futur était là, face à moi. C'était trois ombres sur une scène. Une guitare, une basse, une batterie. La musique n'avait besoin de rien d'autre. Une guitare, une basse, une batterie... la sainte Trinité".

Ce que j'ai aussi particulièrement apprécié, c'est le mélange entre fiction et réalité présent dans ce récit. A tout moment, on s'amuse à chercher, (comme quand on lit Bukowski, Burroughs Sr ou Jr, John ou Dan Fante, etc.), ce qui fait partie de la réalité des évènements, ou ce qui fait en fin de compte partie du travail d'imagination et de recréation de ces évènements par le romancier. Par ce travail d'imagination, on dépasse justement la simple "histoire" des Kid Bombardos pour entrer en contact avec la nouvelle scène rock française en général : mode de vie, précoccupations, envies...

Un roman que j'ai donc trouvé passionnant, avec une écriture qui prend aux tripes, à la fois vivante et poétique, et qui donne une place de choix au rock, le style musical qui a bercé mon enfance et mon adolescence, qui berce et bercera encore longtemps ma vie d'adulte.  
Olivier Martinelli est en tout cas un écrivain que je vais désormais suivre de très près. Je pense d'ailleurs me procurer très prochainement d'autres de ses écrits, notamment Tapage Nocturne, aux éditions Antidata, recueil dans lequel il a publié une nouvelle, et qui me permettra, par la même occasion, de découvrir d'autres auteurs français contemporains.
 
J'en profite pour remettre le lien des éditions 13ème Note, où je vous conseille d'aller jeter un oeil !

C'est un métier d'homme (Oulipo)

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Extraits du quarième de couverture : 
"« Mon métier consiste à descendre du haut de la montagne jusqu’en bas. À descendre le plus vite possible. C’est un métier d’homme. » Ainsi commence l’« Autoportrait du descendeur », de Paul Fournel. [...] C’est dans cet espace que s’est glissé Hervé Le Tellier pour son « Autoportrait du séducteur », dont le début est, bien sûr : « Mon art consiste à séduire les femmes au cours d’une soirée. À séduire le plus vite possible… » Surpris du résultat, Paul Fournel a reproduit sa démarche avec « l’écorcheur », puis, les uns après les autres, les Oulipiens leur ont emboîté le pas… Ont ainsi proliféré une vingtaine d’autoportraits [...]"
 
Comme on le comprend à la lecture de ce quatrième de couverture, le  jeu oulipien de ce recueil consistait en la reprise d'une trame générale pour créer une nouvelle, dont les contraintes étaient de décrire quelque chose/quelqu'un à travers son métier/son art (écrivain, fonctionnaire, tueur à gages, toupie, fourmi...) et de respecter le choix de certaines phrases ou tournures utilisées dans le premier autoportrait de Paul Fournel.
Il est assez difficile de parler d'un projet de la sorte, car il faut vraiment le lire pour en comprendre tout son intérêt et apprécier le travail réalisé au fil des nouvelles : je me suis en tout cas vraiment amusée pendant cette lecture, autant pour les choix d'autoportraits incongrus que pour les autoportraits eux-mêmes, et j'ai accroché sur cette approche collective de la littérature que je n'avais qu'encore très peu touchée du doigt jusqu'à présent. Je retenterai rapidement l'expérience en tout cas !
 
Pour moi, un recueil de nouvelles à découvrir et à partager d'urgence !

Les femelles (Joyce Carol Oates)

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Quatrième de couverture : "Elles ont six, onze, vingt ou trente-cinq ans. Elles sont vierge effarouchée, prostituée enfant, bourgeoise en mal de sexe ou infirmière dévouée... Elles ressemblent à tout le monde. À ceci près qu’il vaut mieux ne pas laisser trainer un revolver, un couteau ou une seringue à leur portée. Car elles sont toutes des tueuses, les (antis) héroïnes de ces neuf nouvelles particulièrement dérangeantes, que Oates raconte avec un sadisme délibéré mais sans effet inutile. C’est peut-être cette économie de moyens qui explique la montée de tension que le lecteur ressent à chaque page. L’horreur s’installe tranquillement..."

C'est à la vue de ce quatrième de couverture que j'ai eu une grande envie de lire ce recueil de nouvelles de Joyce Carol Oates, qui était par la même occasion ma première lecture de cet auteur : quelle ne fut pas ma déception après avoir parcouru ces différentes nouvelles... Je les ai trouvées d'une banalité affligeante, et en aucun cas l'histoire de ces différentes femmes ne m'a touché ou intéressé - et encore moins horrifié ou choqué. D'ailleurs, même en me disant que cette banalité était voulue (puisqu'on parle de la vie quotidienne de femmes apparemment comme les autres), je ne parviens pas à croire que c'est un choix stylistique de l'auteur car j'ai trouvé qu'il n'y avait tout simplement aucun style, du moins aucun style personnel. Sans compter que les histoires tournent parfois au cliché : la femme mariée à un policier macho et brutal, l'infirmière qui ne supporte plus de voir ses patients mourir... Certaines nouvelles sont cependant plus intéressantes que d'autres,mais pas suffisamment pour que je considère cette lecture comme une bonne lecture. Je ne pense pas relire cet auteur de sitôt...

Un soupçon légitime (Stefan Zweig)

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Nouvelle inédite qui vient d'être traduite en français, Un soupçon légitime évoque la vie d'un homme que l'on pourrait qualifier de monomaniaque, John Limpley. En effet, cet homme, quand il est passionné par quelque chose, est obsédé par cette chose. Ainsi, il va adopter un chien, Ponto, qu'il va aduler au point d'en faire un vrai tyran dans la maison : il accepte tous ses caprices, lui offre des jouets, accessoires et aliments sans commune mesure pour un chien... Jusqu'au jour où la femme de John tombe enceinte, et que le chien passe au second plan, ce que celui-ci ne va pas accepter facilement... 
 
Comme pour toute nouvelle de Zweig, on entre très rapidement et facilement dans le récit, par l'intermédiaire de la voix d'une femme âgée, voisine de John Limpley, racontant le drame qui se noue d'un oeil extérieur. On pense dès les premières pages aux contes normands de Maupassant, dans la description on ne peut plus réaliste et simple de la vie quotidienne de voisins dans la campagne anglaise. Ce qui donne de l'intérêt à cette nouvelle, c'est le choix d'analyser longuement la psychologie, d'abord du maître, puis du chien, pour mieux comprendre sa chute. Mais paradoxalement cette fine analyse psychologique ne rend pas service au récit puisqu'on devine bien rapidement ce qui va se produire à la fin, et le plaisir de la surprise propre à la chute d'une nouvelle est gâchée... Mais le but de cette nouvelle n'est-il pas de présenter les conséquences funestes de l'obsession d'un Homme sur son entourage et sur lui-même, au même titre que Le joueur d'échecs ou Vingt-quatre heures de la vie d'une femme ? A ce titre, comprendre la chute rapidement n'a pas vraiment d'importance...
 
J'ai donc trouvé cette nouvelle intéressante, mais c'est loin d'être la meilleure que j'ai lue de S. Zweig. Elle a au moins l'avantage de se lire très rapidement, ce qui est pratique pour un trajet en transports en commun, pour une pause-lecture devant un sandwich, ou si on a une petite heure à tuer. J'ai passé un bon moment, mais elle ne restera pas non plus dans mes annales...

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Olivier Martinelli, La nuit ne dure pas. 
 
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Joyce Carol Oates, Les femelles.
Véronique Ovaldé, La salle de bain du Titanic.
  
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Edgar Allan Poe / Benjamin Lacombe, Contes macabres. 
 
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